CHAPITRE XVII
conde et la puissance productive qu’elles ont acquise ou créée.
Mais il ne faut pas l’oublier, le seul moyen de vulgariser le crédit est d’escompter les valeurs à terme, à échéance fixe, faites et souscrites ou acceptées pour le règlement de transactions commerciales vraies et réelles.
Le seul danger que les banques peuvent courir, c*est de se laisser entraîner à l’immobilisation de leurs capitaux réels et fictifs par des prêts ou avances à découvert, ou sur consignation de marchandises, ou dépôt de titres, ou hypothèque sur immeubles, prêts ou avances qu’elles ne peuvent jamais recouvrer en temps utile.
L’émission de valeurs fictives remboursables à vue est radicalement incompatible avec toute spéculation , avec tout commerce, avec tout prêt qui prend les allures de l’achat immobilier ou de l’exploitation industrielle ou agricole.
Cependant, telle est l’élasticité du crédit, telle est l’inépuisable fécondité de ses ressources, que ces banques peuvent en parfaite sécurité faire toutes avances sur immeubles ou consignations, tous prêts à l’industrie et à l’agriculture, en se restreignant scrupuleusement dans les limites de la plus extrême prudence.
Les grandes compagnies industrielles ont suivi depuis quelques années une partie des errements qu’ont tracés les gouvernements en quête de finances j elles ont ouvert des emprunts et souscrit des obligations remboursables à long terme. Quelques-unes de ces obligations, dans un but d’agio que nous ne saurions approuver, emportent avec elles des chances de primes et de gros lots -, mais les unes ne seront payables qu’au bout de cinquante ans, les autres voient leur échéance reportée à quatre-vingt dix-neuf ansl Avec les fonds que leur procurent les versementsdes acheteurs de ces obligations, lesgrandes compagnies peuvent entreprendre des travaux qui ne seront productifs ou remboursés que longtemps après.
C’est au moyen de fonds versés aux banques, contre émission d’obligations pareilles que ces; institutions peuvent faire toutes sortes de prêts ou d’avances. Les demandes de remboursement ne pouvant avoir lieu qu’aux époques ou échéances fixées par les obligations, la compagnie qui les aura souscrites saura toujours se mettre en mesure de les payer à leur terme.
Les banques d émission doivent donc borner l’emploi de leurs valeurs remboursables à vue , à