CHAPITRE XVH
l’escompte de valeurs commerciales ou industrielles à échéance fixe et assez rapprochée, aux prêts ou avances sur métaux précieux, titres négociables en tout temps, ou valeurs réalisables à toute époque.
Une des lois les plus générales de l’économie politique veut que tout principe économique mis en action devienne en même temps cause et effet ; en mécanique, les forces motrices s’énervent à l’usage; le ressort se détend, le cheval se fatigue, la vapeur se dilate , le poids descend et le balancier cesse d’osciller. Mais en économie politique les forces productives s’accroissent à raison de leur application : l’échange appelle l’échange, la machine inspire le mécanicien, la division du travail sépare encore les divers genres d’occupation , le capital se multiplie par la circulation et le crédit s’étend en proportion même de son développement. Voici comment ce phénomène se produit dans les banques d’émission et quelles sont ses conséquences.
Nous avons dit qu’une banque fondée au capital d’un million , somme qu’elle tient réalisée en or ou en argent dans ses caisses, peut avec toute sécurité émettre contre échange de valeurs commerciales jusqu’à trois millions de bil
lets au porteur. Aussi, on lui présente le pre- l mier mois quinze cent mille francs de valeurs à ! diverses échéances à escompter, elle prend ces effets et donne en échange un million et demi de francs de ses billets au porteur. Le second mois, ses clients lui apportent encore un million et demi d’effets de commerce qu’elle escompte contre un million et demi de ses billets. L’institution peut donc avoir atteint à la fin du second mois la limite d’émission que lui impose le chiffre de son capital. Si le troisième mois on lui soumet des bordereaux de quinze cent mille j francs ou deux millions, elle est dans l’impos- i sibilité d’escompter au moyen de nouvelles émissions.
Refusera-t-elle l’accès de sa caisse à ses clients, fermera-t-elle ses guichets?
Il y aurait danger, nous l’avons dit, à émettre J de nouveaux billets au porteur, comme il y aurait danger à escompter au moyen du million en espèces qu’elle tient en réserve : dans le premier cas, la proportion voulue entre la réserve monétaire et l’émission de valeurs fictives serait faussée et, dans le second, cette réserve pourrait disparaître en entier.
Cependant la banque ne refusera pas d’es-