‹ Les lois économiquesChapitre 187 sur 239 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

compter, parce que, dans le courant des deux premiers mois, du second surtout, une partie des valeurs escomptées seront arrivées à échéance, et la caisse aura reçu un million ou deux soit en espèces métalliques, soit en ses propres billets qu’elle pourra de nouveau utiliser. Si elle a reçu un million en espèces métalliques, elle ne commettrait aucune imprudence, selon nous, en émettant encore trois millions de valeurs fictives, si elle en avait le placement, contre des effets de commerce à terme ou échéance fixe.

Cependant, pour décider de l’opportunité de ces émissions successives, il importe de ne pas perdre de vue un seul instant, non-seulement la moyenne générale des échéances du portefeuille, mais encore les dates plus ou moins éloignées auxquelles elles sont échelonnées. 11 est clair que la banque devrait se tenir sur une plus grande réserve, si tous les effets qu’elle escomptait étaient invariablement à trois ou quatre mois de date ; si, au contraire, une assez forte proportion de ces valeurs n’avait que vingt, trente ou quarante jours à courir, les émissions pourraient se continuer presque sans interruption, à condition, toujours, de nepas dépasser plus çle trois fois le montant de la réserve métallique.

La vraie garantie que les banques offrent à leurs clients et aux porteurs de leurs billets, ne se trouve pas, malgré les préjugés populaires sur cette question, dans leur capital souscrit ou versé, ni même dans leur encaisse, elle est tout entière dans leur portefeuille.

Remarquez, en effet, que les émissions successives de billets au porteur ont été occasionnées par l’entrée dans le portefeuille de valeurs commerciales, et c’est par l’encaissement de ces valeurs à leur échéance que les banques peuvent être en position d’échanger leurs billets au porteur contre des espèces d’or ou d’argent.

Nous avons besoin de le répéter encore une fois, ] car c’est ici que gît la vraie question des banques : le capital n’est nécessaire que pour faire face aux pertes accidentelles que ces établissements peuvent éprouver ; la liquidation ne peut véritablement se faire que par la réalisation du portefeuille, par l’encaissement des valeurs qu’i i renferme.

On voit donc*, ce nous semblé, que le capital d’une banque ne détermine nullement le chiffre des facilités qu’elle peut donner au public : ce chiffre dépend entièrement de l’étendue du cré-

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