‹ Les lois économiquesChapitre 19 sur 239 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

pas, en un mot, le droit du travailleur par des combinaisons arbitraires et artificielles ; laissezles se procurer un morceau de terre comme instrument de travail, et vous verrez, sans aucun doute, la misère s’effacer graduellement et disparaître presque entièrement. Nous dirons, tout à l’heure, pourquoi elle ne disparaîtra pas d’une manière absolue.

Cependant, nous dira-t-on, la condition que vous demandez pour l’extinction de la misère, celte condition de l’accession possible de chacun à la possession du sol existe en France depuis bientôt trois quarts de siècle; la France possède, en outre, presque autant de liberté de travail que l’Angleterre , et cependant la France aussi connaît la misère?

C’est malheureusement vrai; mais nous croyons que là encore, si les causes de la misere sont différentes, l’économie politique peut nous les dévoiler, c’est-à-dire nous montrer comment les écarter.

La misère, dit-on souvent, provient du manque de travail! Cette idée est vraie au fond; mais exprimée de cette sorte, elle en évoque d’autres complètement fausses, car il n’est presque personne qui ne s’imagine alors que ce manque de

travail provient d’une surabondance de produits : il n’est personne qui ne soit prêt à répéter avec le fameux directeur général de la Restauration : « La France produit trop! »

Cependant la misère ne peut provenir que de la rareté; l'abondance ne peut jamais engendrer le besoin. Si tant de milliers de nos concitoyens souffrent aujourd’hui, ne serait-ce pas, au contraire, parce que la France ne produit pas, par le travail direct ou par l’échange, en proportion des besoins de ses habitants?

II est extrêmement difficile, nous le savons, de se défaire d’idées préconçues, d’idées avec lesquelles on vit depuis son enfance, que l’on entend répéter à chaque heure du jour, et, disonsîe, sur lesquelles sont basées presque toutes nos institutions. Mais la question est assez importante pour que nous l’étudiions dans toute sa profondeur et que nous disions tout ce que nous pensons à ce sujet, au risque de nous heurter contre ce qui nous paraît être des préjugés et des erreurs.

La production est toujours à peu près l’équivalent de la consommation. Nous disons à peu près l’équivalent, parce que s’il y a des années de rareté, il y en a d’autres qui donnent un surplus,

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