CHAPITRE XVIII
quiéter à l’avance des débouchés qu'il pourra trouver, ses profits seront très-hypothétiques, comme le seraient ceux de l’agriculteur qui ne tiendrait pas compte du milieu social dans lequel il se trouve et ne cultiverait pas ses terres en vue des marchés qui l’avoisinent.
Si un industriel entreprend une fabrication qui demande plus de capitaux qu’il n’en possède, il est, tout comme l’agriculteur, obligé d’avoir recours aux emprunts, et si son industrie n’est pas hors ligne, il est certain de se voir prochainement embarrassé, puis ruiné.
Avons-nous besoin d’ajouter qu’il en est de même de l’agriculteur qui veut cultiver sans un capital suffisant?
Énoncez une à une les diverses conditions dont dépend la réussite des affaires industrielles ou commerciales, et vous verrez quelles sont de tout point applicables à l’agriculture. Nous parlons non-seulement des conditions d’exécution qui sont sous le contrôle immédiat des intéressés, comme la suffisance des capitaux, la pratique des meilleures méthodes, la connaissance des débouchés les plus avantageux , l’aptitude, l’économie, l’attention, la prévoyance et autres qualités indispensables ; mais nous voulons en-
L’AGRICULTURE
im
core impliquer dans cette expression celles plus générales et non moins indispensables et infaillibles qui ressortent des lois immuables de l’économie politique.
L’emploi de capitaux suffisants , l’usage de machines et procédés économiques, le bon agencement des assolements, l’élevage d’un grand nombre de bestiaux sont, nous le reconnaissons, les conditions de succès de toute exploitation agricole, mais il en est d’autres que l’on oublie trop souvent et qu’il nous importe de rap^ peler.
Les diverses conditions de bonne exploitation dont nous venons de parler sont inhérentes à la production, elles appartiennent à cette partie du problème économique d’où l’offre ou la vente procède ; mais pour que le problème soit complet, il faut, de toute nécessité , songer aussi à [ celles qui régissent et déterminent la consommation, qui suscitent la demande ou l’achat. 11 ne suffît pas de cultiver et de produire, d’y apporter toute tla science , toute l’attention , toute la pratique désirable, toute l’économie et tout le capital nécessaire, il faut encore, il faut sur- l tout avoir ou trouver des consommateurs, des acheteurs. \