CHAPITRE XVIII
tivateur français et elle est encore pire pour celui de l’Algérie, de la Valachie ou de la Bessarabie. La production des uns et des autres se restreint forcément, tant par rapport à ce qu’ils vendent que par rapport à ce qu’ils consomment. Ainsi l’agriculteur français ne peut produire 200, parce que la population des champs étant à celle des villes comme 3 est à 1, il ne trouvera pas acheteur pour plus de 50 et ne pouvant luimême consommer plus de 50, sa production ne peut dépasser 100, tandis que celle du travailleur agricole anglais peut s’élever à 200. La production du cultivateur valaque, obligé de chercher hors de son pays aeheteur pour ce qu’il ne consomme pas lui-même, ne s’élève probablement qu’à 30 ou à 40 !
Ceci nous semble élémentaire.
Voyez, en effet, ce qui se passe dans les districts semi-industriels et semi-agricoles de la France, et vous serez frappé de l’analogie de leur culture avec celle de l’Angleterre, tandis que les contrées complètement dénuées d’industrie nous offrent l’agriculture la plus arriérée et la moins productive.
Que faire donc pour que la population se répartisse dans la proportion la plus convenable et
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la plus avantageuse? Que faire pour que l’agriculture, l’industrie et le commerce marchent d’un pas égal vers la prospérité?
Se garder tout simplement de distribuer, ici ou là, aucun encouragement budgétaire, de répartir aucune prime, d’imaginer et d’imposer aucune mesure administrative ou gouvernementale. Toute loi, toute mesure, toute prime, qui tend à fausser les rapports naturels de l’offre et de la demande, à favoriser le producteur aux dépens du consommateur, ou le consommateur aux dépens du producteur, est nuisible au plus haut degré et va droit contre le but que l’on doit se proposer.
Quand le crédit sera établi sur les bases que nous avons indiquées, ou plutôt quand il pourra se développer librement, les fonds employés dans l’agriculture produiront tout autant que ceux , placés dans le commerce ou dans l’industrie, et les capitaux iront d’eux-mêmes vers les exploitations agricoles.
Que l’on ne nous dise pas que nous faisons là une hypothèse qui ne se réalisera jamais, car alors nous citerions l’Angleterre, où évidemment l’argent employé à la culture rapporte tout autant que placé dans l’industrie. S’il n’en était pas l