‹ Les lois économiquesChapitre 198 sur 239 · CHAPITRE XVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIII

sur la plupart des denrées provenant de la culture du sol une somme d’impôts qui dépasse de près du double le total des recettes de toutes les douanes établies aux frontières de terre et de mer! Voyez donc aux portes de nos villes le cultivateur qui vient apporter ses produits au marché, soumis à toutes les exigences, à toutes les formalités de déclaration, de visite, de constatation et d’acquit de taxes! Taxes iniques, taxes barbares, qui viennent s’interposer entre la faim et le morceau de pain !

Et à côté de cette invention fiscale dont l’ineptie passe toute mesure, nous ouvrons des concours, nous établissons des comices, nous fondons des écoles, nous donnons des primes et nous décernons des couronnes ! Nous n’hésitons pas à le dire, concours, comices, écoles, primes et couronnes ne serviront à rien, aussi longtemps que les produits agricoles resteront taillables à la volonté du fisc. Laissez circuler en toute liberté, les bêtes, les fourrages, les grains, les racines, les liquides, les fruits, les produits des champs, laissez-les arriver en franchise de toute taxe jusqu’au consommateur et vous aurez plus fait en un an pour l’agriculture qu’en un demi-siècle d’encouragements administratifs et officiels.

L’AGRICULTURE

Nous avons vu souvent des réclamations s’élever en faveur d’un dégrèvement de la propriété foncière, et les gouvernements y faire droit. Si les propriétaires eussent bien compris leurs intérêts, c’est le dégrèvement des produits de la terre qu’ils auraient exigé, parce que alors l’ouverture de nouveaux débouchés aurait fait croître la production, les revenus du sol se seraient augmentés et leurs rentes se seraient élevées.

On a dit pour justifier les taxes sur la production que c’était en définitive le consommateur qui les payait, et qu’il importait peu de les prélever ici ou là, d’une manière ou d’une autre.

Il est vrai que toutes les taxes sont finalement payées par le consommateur; mais ce qu’il importe d’observer dans l’établissement d’une taxe, dans le prélèvement d’un impôt, c’est que cet impôt épargne et respecte le nécessaire pour ne frapper que le luxe ou le superflu.

Quand une taxe comme l’impôt foncier est imposée sur la terre elle-même, elle se trouve répartie par la force des choses sur tous les objets de consommation, ceux destinés aux villes, comme ceux absorbés par la population des campagnes, et ce que cette taxe ajoute au prix de

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