‹ Les lois économiquesChapitre 199 sur 239 · CHAPITRE XVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIII

chaque chose, à la dépense de chaque individu est si minime, que son action restrictive sur la consommation ne se ferait sentir ni chez le pauvre, ni chez le riche.

Ce n’est pas toutefois que nous préférassions une taxe unique sur le revenu à toutes les inventions fiscales des financiers d’autrefois.

Quand la taxe tombe sur le produit, comme 1 impôt des octrois, elle élève le coût de chaque ehose imposée de manière à restreindre manifestement la consonimation, c’est-à-dire à paralyser la production. Le poids de la taxe pèse en entier sur le cultivateur et nécessairement réduit la part des produits affectée à la propriété.

Vous cherchez par des enquêtes et dans des mémoires, par des missions au dehors et dans des rapports très-savants les causes de l’infériorité de notre agriculture! Cessez vos enquêtes, rappelez vos missions, et regardez tous ces bureaux ouverts aux portes de vos villes pour y rançonner les cultivateurs, voilà les causes de la pauvreté de votre culture, du peu de rendement de vos terres, de la triste situation de vos paysans.

Il est beau, il est bien d’aligner les rues des villes, d assainir les places, d’élever des monu-

L 'AGRICULTURE

ments gigantesques, des palais fastueux, des édifices aux festons de pierre, aux balustrades de marbre, mais au nom de l’équité ne le faites pas aux dépens de malheureux qui vivent toute ; l’année dans des cabanes enfumées sans autre j plancher que le sol battu, sans autre chaussure que d’informes sabots remplis de foin, sans autre [ lit qu’un sac de paille, sans autres vêtements • que quelques guenilles qu’ils se sont transmises j de père en fils pendant plusieurs générations î

Et que l’on ne nous accuse pas de charger le tableau ; car à chaque pas, partout dans nos campagnes l’œil de celui qui veut voir est attristé par des toits de chaume couvrant de sales et misérables demeures indignes de l’homme. On végète ; dans les campagnes, il est temps que l’on y | vive.

Jamais exclamation ne fut plus fausse et men- ; songère que celle du poëte Mantouan :

« O fortunatos nimram sua si bona nôrint Agricolas ! »

Oui, la vie de campagne est douce, mais c'est ; pour le riche propriétaire qui jouit de toutes les aises de ce monde et peut employer de longs'' loisirs aux plaisirs simples et variés qu’offrent les champs. !

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