CHAPITRE Ier
Qu’est-ce que l'économie politique;?
Forcés souvent d’avoir recours à l’économie politique pour expliquer d’une manière satisfaisante et logique certains faits de l’ordre social et parfois de l’ordre physique, les philosophes, les moralistes, les physiciens et les législateurs se sont demandé si elle pouvait avoir quelque prétention à prendre rang parmi les sciences, ou si
elle n’était qu’une suite de spéculations hasardées, d’affirmations conjecturales, sanspointeentrai d’unité, sans principes fondamentaux, harmoniques, universels, inaltérables? Il va sans dire que tous ses adeptes se sont prononcés pour l'affirmative, et que ceux pour lesquels ses arcanes restaientclos, l’ont reléguée dédaigneusement parmi les délusions empiriques les plus nuisibles, les plus trompeuses.
Un des publicistes qui lui conteste le plus aigrement le titre de science, a basé sa négation sur une prétendue impossibilité où elle se trouverait, à toujours et à jamais, de donner la solution de certains problèmes inventés à plaisir. « Comf1 bien de clous vaut une paire de sabots? s’est- « il écrié. Et devant ce problème, ajoute-t-il, * l’économiste se confond et recule ; le paysan, « qui ne sait ni lire ni écrire, répond sans bron- « cher : Autant qu’on en peut faire dans le « même temps et avec la même dépense, »
Nous devons avouer que l’économie politique n’aurait pas donné celte solution et nous doutons fort que le paysan, quoique ne sachant ni lire ni écrire, ait fait la réponse qu’on veut bien lui prêter.
Le paysan sait comme tout le monde, et mieux