CHAPITRE XIX
L'industrie.
L’industrie est née de la grande loi de la division du travail, elle est le résultat de la civilisation et concourt à un très-haut degré à la répartition du bien-être entre tous les membres de la société.
A mesure que les familles se sont multipliées, que le monde s’est peuplé, un certain nombre de travailleurs ont trouvé plus d’avantages à s’adonner à des ouvrages qui avaient pour but le transport des denrées, la confection des vête-
L’INDUSTRIE
ments, la construction des habitations et autres labeurs de ce genre, qu’à labourer la terre, paître des troupeaux ou cultiver des légumes et des fruits. Il en est résulté une grande économie de temps, de main-d’œuvre et de matières, il en est résulté de notables perfectionnements dans la fabrication d’une foule d’objets indispensables à l’homme, c’est dire qu’un grand pas a été fait vers l’aisance générale, que la vie est devenue plus facile, que l’humanité tout entière a cessé d’être sujette à un nombre infini de souffrances et de privations.
L’industrie des premiers âges se bornait à quelques travaux manuels, accomplis par de rares et pauvres artisans qui ne trouvaient jamais la fortune au bout de la plus longue vie, malgré un labeur incessant , une économie des . plus rigides, une adresse incontestable.
La fortune n’a commencé à sourir aux travailleurs que quand ils ont pu multiplier leurs forces par l’emploi des machines, quand ils ont pu se faire remplacer en mille occasions par les forces naturelles que la science a mises à leur disposition.
Fouillez l’histoire des temps passés et vous verrez que toutes les fortunes provenaient alors -