‹ Les lois économiquesChapitre 207 sur 239 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

le chiffre de la consommation possible de ces 20 millions de travailleurs qui en rachètent pour leur consommation seulement pour 18 milliards; sur les 7 milliards restants , l’autre partie de la population peut en racheter pour 3 ou 4 milliards, et les 4 ou 5 milliards d’excédant vont accroître chaque année la richesse générale du pays, c’est-à-dire le capital mobilier et immobilier de la population.

Si ce n’est pas ainsi que le problème se résout, nous demanderons d’où provient l’amas de richesses qui s’accumulent année par année. Proudhon est tombé dans cette erreur, parce qu’il a supposé que tous les produits étaient consommables pour ainsi dire surplace et sur l’heure. Les produits de l’homme sont de deux sortes : il y a ceux destinés à la consommation journalière et incessante , comme le pain, le vin , les vêtements, etc. , et les produits créés en vue d’une consommation à long terme , comme les outils, les maisons, les canaux, les chemins , et nous pouvons ajouter les connaissances intellectuelles, la pratique des méthodes, les sciences, etc., etc. Il est évident que ces produits destinés à une consommation à long terme doivent être créés plus rapidement qu’ils ne sont consommés , et

L’INDUSTRIE

(juc, dans coux qui tombent dans la consommation pour ainsi dire journalière, il en est un certain nombre qui jouissent d’une assez longue durée et ne veulent pas être incessamment rachetés par le salaire quotidien de l’ouvrier.

Sinous sommes entré ici dans cette discussion, c’est que c’est grâce à l’industrie seule que le travailleur peut produire plus qu’il ne consomme; car sans l’industrie si la France, ce qui nous semble impossible, nourrissait 20 millions de travailleurs, elle ne les nourrirait que de la manière la plus pauvre et la plus misérable. Leurs salaires, il est vrai , rachèteraient parfois, ou souvent si l’on veut, leurs produits, mais salaires et produits ne s’élèveraient qu’à quatre ou cinq milliards au lieu de vingt.

Sans industrie, répétons-le, il n’y a pas de collectivité de forces, pas d’emploi de capital, pas de concours de la part des forces et des agents naturels, le travailleur reste avec ses bras et la terre pour tout instrument de travail: c’est presque l’état sauvage, c’est la barbarie.

La loi économique de développement de l’industrie agit de concert avec la loi de multiplication de la population ; il ne peut y avoir d’industrie dans les pays dont les habitants sont

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