‹ Les lois économiquesChapitre 21 sur 239 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

avec ses bras et quelques grossiers instruments, ce que consommaient deux ou trois hommes, et il n’était payé que comme un. 11 y avait dans la nation un nombre trop considérable d individus qui ne produisaient ni par leurs bras, ni par leur intelligence, ni par leur capital, ni par leur crédit; une foule de frelons consommait une si grande part de la production quil n’en restait plus aux producteurs une part suffisante.

Et puis, nous le verrons en étudiant le principe de la division du travail, l’homme ne consommant pas seulement son produit , tout travailleur, quel qu’ilsoit, a besoin d’ une partiedu produit du travail des autres. Plus un producteur a de travailleurs auprès de lui et plus sa tâche est allégée, plus sa condition est améliorée. Or, dans ces temps, quelques rares travailleurs portaient seuls le fardeau du jour, ils ne recevaient aucun aide ni du travail, ni du capital des consommateurs.

Eh bienl ce fait se reproduit, en grand ou en petit, dans tous les pays où les faits politiques nécessitent la levée et le maintien de nombreuses armées; ce fait se reproduit encore dans Jes pays où se développent les institutions claustrales et où les fonctions publiques ont été accrues outre mesure.

On conviendra avec nous que sous ces trois rapports, l’Angleterre et les États-Unis sont mieux partagés que la France • la force armée y est moins nombreuse, les ecclésiastiques se marient et dans cet état contribuent à la prospérité publique, et enfin le nombre des fonctionnaires y est plus restreint. La disproportion entre les consommateurs-producteurs et les consommateurs non producteurs y est moins prononcée.

Imaginez en Angleterre, si vous le pouvez, une armée de cinq à six cent mille hommes, une seconde armée de célibataires dans les ordres, et une troisième armée, aussi considérable que la première, de fonctionnaires publics de toute sorte, et dites-moi si la misère des travailleurs ne sera pas à son comble, si la production pourra égaler la consommation? Or, toutes les fois que la consommation est obligée de se restreindre pour se tenir dans les limites de la production, c’est le producteur qui pâtit, parce qu'il n’a aucune réserve à employer, parce qu’il est obligé de produire davantage et de consommer moins pour ramener l’équilibre entre la consommation et la production.

Supprimez tout à coup dans un pays comme la France un million d’hommes eî, sans aucun

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