‹ Les lois économiquesChapitre 217 sur 239 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

mente en nombre, l'activité et le travail de ses membres ont accumulé une certaine somme de richesses ; à côté des besoins que Ton pouvait satisfaire par le produit des terres ou celui des troupeaux, il en est venu d'autres que le commerce peut seul donner le moyen de satisfaire et qui vont donner naissance à l’échange. C’est alors que Ton donne un certain surplus de laine que l’on possède pour quelques sacs de blé dont on a besoin, ou bien l’on offre des laines et du blé pour quelques étoffes richement teintes ou quelques joyaux qui plaisent aux femmes.

Qui sait, le premier échange fut peut-être occasionné par une disette qui amena la vente de quelques brebis et l’achat de quelques mesures de blé ?

Il arrive ensuite que le nombre des tribus se multipliant, quelques-unes occupent des territoires favorables à l’élève des troupeaux et que l’on ne peut guère cultiver en blé, tandis que d’autres, habitant des terres de labour, récoltent beaucoup plus de froment quelles n’en peuvent consommer et ne possèdent presque aucune bête à laine. Celles-ci donnent leurs laines pour du froment, celles-là troquent leur blé contre des laines.

LA POPULATION

De tristes penseurs ont imaginé de dire que celles-ci étaient tributaires de celles-là, qu’il y avait infériorité et comme vassalité d’un côté ou de l’autre, et l’une des plus fausses idées qu’il soit possible de concevoir s’est implantée dans l’opinion et court encore le monde. Analysez donc ces échanges, disséquez-les comme vous voudrez, et vous reconnaîtrez qu’il n’y a tribut ni d’une part ni de l’autre, qu’il y atout simplement mutualité de services, réciprocité d’avantages.

Plus le monde s’est peuplé et plus ces échanges se sont multipliés. Les richesses des hommes et leurs besoins s’accroissant en même temps dans une proportion mathématique, d’autres produits comme le lin, comme le chanvre, comme l’huile, comme le bois et les métaux, sont entrés dans ce mouvement de troc et de commerce. Puis la division du travail survenant, l’industrie a fourni sa part des objets à échanger, c’est-à-dire que certains hommes, voyant qu’en s’adonnant exclusivement à la confection de telles ou telles étoffes, par exemple, ils pouvaient les échanger avec avantage contre des produits comme le blé, l’huile, le bois ou la laine, ils ont cessé de s’occuper de travaux agricoles pour se livrer au labeur industriel.

Page 1