‹ Les lois économiquesChapitre 218 sur 239 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

A partir de cette époque, les hommes ont vu leurs rapports se compliquer singulièrement. Les uns ont continué à produire les matières premieies a 1 état brut, les autres ont entrepris d’éc raser et de moudre les grains; ceux-ci se sont mis à filer les divers textiles, ceux là à les tisser, d’autres à les teindre ou à les confectionner en vêtements, tandis quel’on s’occupait ailleurs aux divers travaux que demandent la fabrication et la manipulation des métaux, que l’on tournait la roue du potier ou que l’on effectuait des transports, élevait des maisons, ouvrait des chemins et accomplissait en un mot les mille fonctions productives qui sont l’âme et la vie des sociétés humaines.

Et si tout cela se fit, c’est que l’homme ne pouvait plus subvenir à l’alimentation de sa race dans les conditions de production où il s’était d’abord trouvé ; il lui fallait s’aider d’outils, de machines, d’animaux, de forces naturelles, il lui fallait, on peut le dire, cesser d’être une sorte de végétal actif pour devenir un être intellectuel, social el perfectible.

Il est évident qu’à mesure que tout ceci se passait, les diverses agglomérations d’hommes qui se formaient sous le nom de villages, de

LA POPULATION

bourgs ou de villes, dans le but de faciliter le travail et l’échange général des produits, durent étendre le cercle de leur clientèle et élargir en même temps le rayon dans les limites duquel ils s’approvisionnaient. C’est ainsi que les échanges se firent d’abord porte à porte, puis de commune à commune, de province à province, et que la force des choses, ou plutôt le développement incessant des lois économiques de la production, de la division du travail, des échanges et de la population, les généralisèrent un jour dans toute l’étendue des territoires de chaque nation : c’est ainsi encore que, répondant à un besoin irrésistible des peuples, les gouvernements de l’Allemagne ont facilité ces échanges dans un immense rayon par l’établissement du zollverein, que les gouvernants de la France se sentent emportés par le mouvement de la population qui cherche la satisfaction de ses nombreux besoins par les échanges avec le dehors, et c est ainsi enfin que la première entre toutes les nations. l’Angleterre reconnaissant la vérité de ces principes a donné libre carrière aux échanges de ses habitants avec toutes les populations du globe.

Ce "progrès s’est s’accompli pour les uns et s accomplit lentement pour les autres en vertu de la i

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