‹ Les lois économiquesChapitre 219 sur 239 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

loi économique de l’offre et de la demande ; s’il n’a pas été plus rapide, c'est que, sous prétexte de l’encourager et de le diriger, on l’a entravé par une foule de règlements plus nuisibles les uns que les autres.

Personne, cependant, ne s’est jamais avisé de dire que chaque petite communauté, chaque bourgade, chaque ville, chaque canton, devaient rester isolés dans le monde, et que, pour s’enrichir plus vite, pour être toujours certain de tout posséder en abondance et de toujours avoir un travail suffisamment rémunéré, les échanges devaient être restreints aux limites de la communauté, de la bourgade, de la ville ou du canton.

Personne ne s’est avisé de dire que Paris, par exemple, riche et peuplé, savant et industrieux comme il l’est, Paris pouvait se suffire à lui-même, ne consommer que ce que produit le territoire renfermé dans son mur d’enceinte et ne produire que ce qu’il consomme!

Ce que l'on n’a pas dit de Paris, ni d’un canton, ni d’une ville, d’une bourgade ou d’une communauté, on l’a dit des nations; non-seulement on l’a dit, mais on l’a stupidement formulé en lois et l’on a cherché à les mettre à exécution

LA POPULATION

à grand renfort de baïonnettes, d’écus et de pénalités !

Nous disons que personne ne s’est avisé d’émettre ces prétentions, quant aux populations restreintes, quoique nous sachions fort bien que les cahiers des électeurs de Paris demandaient, entre autres choses, que le blé ne pût sortir des provinces qui l’avaient produit.

Il est évident que ces bons électeurs sousentendaient qu’il serait fait une exception à leur profit • car s’il eussent été réduits à ce que pouvaient produire la butte Montmartre et la plaine des Vertus, ils n’auraient guère tardé à reconnaître l’incroyable absurdité de leur demande.

L’existence de villes immenses comme Londres, Paris ou Pékin, l’existence d’une seule ville, jette une grande clarté sur le problème de la population et de l’alimentation, car Paris qui ne produit rien qui puisse entrer dans l’alimentation publique, Paris est continuellement approvisionné avec abondance de toutes les choses nécessaires à la vie ; Paris ne se plaint pas de l’excès de sa population et n’éprouve aucun dommage de son augmentation continue.

Si Malthus et ses disciples se fussent demandé comment Londres, avec ses deux ou trois mil-

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