‹ Les lois économiquesChapitre 221 sur 239 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

Et voyez encore comme tout s’enchaîne admirablement ! comme à jour donné, tout vient faciliter l’extension des échanges dans la juste proportion de l’accroissement de la population, dans l’exacte mesure de ses besoins !

Quand l’homme n’a de rapport qu’avec son voisin, quand il troque une brebis contre un rayon de miel, il n’y a ni routes, ni chariots, ni canaux, ni ponts, ni bêtes de somme, ni bateaux.

Quand les échanges se font de commune à commune, les chemins et les bêtes de somme paraissent j puis, au jour où l’on va de province à province, les chariots sont inventés, la monnaie est frappée, les routes sont ouvertes, les canaux sont creusés, la poste est établie, la navigation se crée et se développe à l’intérieur et sur les côtes.

Le commerce franchit ensuite ces étroites limites, les bateaux à voiles s’ouvrent des chemins sur les mers, l’étoile polaire indique les routes, le crédit prend son essor; et quand on a besoin d’accélérer encore les échanges, la vapeur s’assujettit à l’homme, le télégraphe porte des ordres rapides, les journaux vulgarisent les correspondances, et le jour où les populations doublées

LA POPULATION

ou triplées cherchent d’un œil inquiet les contrées où les substances alimentaires existent en plus grandes quantités et à plus bas prix, des chemins de fer transportent les grains et les bestiaux avec une vitesse inespérée; l’introduction des plantes fourragères permet de multiplier les troupeaux, un meilleur système d’élevage les fait croître plus vite, et l’électricité court rapide comme la pensée annoncer en tous lieux l’état des récoltes et les cours des marchés.

Et vous ne voudriez pas que nous vissions dans l’admirable ensemble de tout ce mouvement, de tout ce progrès humanitaire et scientifique, agricole et économique, l’effet de lois imprescriptibles, irrésistibles et universelles? Qui donc préférerait l’attribuer à je ne sais quoi, à un prétendu esprit du mal, ou au hasard?

Dites donc aussi que c’est le hasard qui fait que tous les jours une grande ville comme Paris se trouve approvisionnée de tout ce qu’il faut pour nourrir, vêtir et loger ses douze cent mille habitants! Dites encore que c’est le hasard qui a donné aux différents climats leur diversité de produits, et aux différents hommes leur diversité d’aptitude!

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