‹ Les lois économiquesChapitre 226 sur 239 · CHAPITRE XXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI

Quand le développement commercial et industriel d’un pays commence à prendre un mouvement régulier d’expansion, il se fait un déplacement incessant et très-remarquable de population. Le nombre de bras que trouve l’industrie dans les villes ou dans les cantons où elle s’établit est rarement suffisant dans les premiers temps ; la population souffreteuse des campagnes, attirée par l’espoir, disons mieux, par la certitude d’obtenir dans un temps donné des salaires constants et plus élevés , abandonne les hameaux et vient se grouper autour des usines et des manufactures.

Les premiers arrivés trouvent de l’occupation immédiatement et d’une manière continue ; le succès qu’ils obtiennent appelle d’autres malheureux qui déjà ne trouvent plus à travailler que de temps en temps et sont forcés d’accepter des emplois moins bien rémunérés; et enfin, ceux que nous pourrions appeler un troisième et quatrième ban viennent à leur tour et cherchent à entrer dans les rangs des travailleurs urbains et industriels. Ce sont ces derniers qui grossissent incessamment la liste des indigents inscrits.

Les malheureux mouraient de faim dans les campagnes et viennent demander aux villes du

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travail et du pain. En attendant qu’ils aient du travail et un salaire, les villes les inscrivent sur les registres de la charité légale et leur donnent du pain.

Voilà l’explication du paupérisme moderne, qui n’est que la constatation officielle et légale de la misère, mais qui n’est pas la misère. Dire qu’il n’y avait pas de misère autrefois parce que le paupérisme, c’estr-à-dire l’inscription des pauvres sur le livre de bienfaisance était inconnu, ce serait vouloir prétendre qu’avant 1830 il ne venait au monde aucun enfant mort-né, parce que ce n’est qu’à partir de cette époque que ces naissances ont été régulièrement constatées. Nous verrons, au reste, plus loin que la J misère régnait encore plus souverainement dans ! les siècles passés qu’aujourd’hui. Si nous prenons l’Angleterre, qui a précédé le monde entier dans la voie du commerce et de la grande industrie, et chez qui le paupérisme, dit industriel, a pris parfois des proportions effrayantes, nous sommes frappés, tout d’abord, d’un fait unique dans la statistique comme dans l’histoire générale des nations , c’est que la population urbaine est aujourd’hui plus nombreuse que la population rurale. Nous ne croyons pas que cel$

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