CHAPITRE I
pas aux vices individuels, creusez plus avant et vous trouverez, ou dans le présent ou dans le passé, sur les lieux mêmes ou plus loin, quelque grande et coupable infraction aux lois imprescriptibles qui devraient assurer à l’homme partout et toujours la liberté de son travail, de son intelligence, de son capital et de son crédit.
Les disettes, les épidémies, les guerres, les inondations causent toujours de grandes misères, mais ces misères sont en grande partie locales et s’effacent promptement : celles, au contraire, qui proviennent du vice des institutions se perpétuent souvent pendant de nombreuses générations.
On voit quel prix l’écorfomie politique attache au règne de l’équité et à l’établissement de la liberté dans les rapports des hommes entre eux. Elle contribue donc, comme nous l’avons dit, par ses enseignements , par l’application et la mise en pratique de ses principes, au perfectionnement moral de l’homme, en même temps quelle indique les moyens d’élever indéfiniment le niveau du bien-être matériel. Ce n’est pas que nous prétendions quelle puisse jamais faire disparaître l’égoïsme individuel, l’esprit d’antagonisme, les germes d’opposition ou de concurrence
que 1 on retrouve dans toutes les sociétés humaines. Non-seulement il serait chimérique de l’espérer, et l’économie politique, science toute positive, ne se paie pas d’illusions, mais encore ce n est pas chose à désirer ; car en perdant son egoïsme, son esprit d antagonisme, son désir d’avancement, son ardeur d’opposition, l’homme perdrait le plus puissant mobile qui le pousse vers le progrès.
Il n’y a guère que parmi les serfs et les esclaves que l’égoïsme s’efface, que le désir d’avancement s’éteint; mais ces deux sentiments; ne sont pas remplacés par l’abnégation ni le désintéressement , ils sont étouffés par la violence qui abrutit l’homme et le matérialise.
Il importe excessivement que l’intérêt individuel ne se confonde pas, ne s’absorbe pas complètement dans l’intérêt collectif; mais ce qu’il faut bien comprendre, c’est qu’il y a entre l’un et l’autre harmonie intime : il y a une double action, il est vrai, mais une force unique, un seul but. C’est comme le mouvement multiple de rotation de la terre, dont la combinaison produit le jour et la nuit, la lumière et la chaleur et répand la vie partout.
L’égoïsme, puisqu’il faut l’appeler par son