‹ Les lois économiquesChapitre 231 sur 239 · CHAPITRE XXL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXL

peut réclamer aujourd’hui sur le produit du travail de ses bras. Pareil résultat serait obtenu si la culture s’élevant à la production de matières industrielles, elle laissait aux nations moins avancées le soin de nous approvisionner des grosses denrées alimentaires.

Le jour où ce changement sera introduit dans notre économie agricole, ce jour -là verra commencer la décroissance de la misère dans nos campagnes; les produits seront ou plus nombreux ou plus riches et les salaires plus élevés.

Cette misère, ajoutons-le, ne date pas d’hier et provient d’autres causes encore, causes presque aussi vieilles que le monde, mais que nous ne croyons cependant pas éternelles.

Nous venons de dire que quand l’homme travaille de ses bras, et de ses bras seulement, ses produits ne dépassent pas sa consommation, nous pouvons ajouter qu’en général ils en sont l’équivalent. Or, aussi longtemps que l’homme n’eut à travailler que.pour lui-même, aussi longtemps qu’il put consommer tout ce qu’il produisait, la misère fut inconnue ; chacun suffisait à ses besoins. Mais quand à côté du travailleur direct ou indirect, il s’éleva des classes, des

LE PAUPÉRISME

castes, des ordres, des familles qui restèrent dans l’oitiveté sous un prétexte ou sous un autre, et que les travailleurs durent les nourrir, la misère apparut, parce que ceux qui produisaient furent forcés à restreindre leur consommation pour subvenir à celle des oisifs.

C’est donc à tort que l’on a prétendu qu’il y avait plus de misère au temps actuel qu’autrefois. Quand des ordres de hiérophantes, quand des familles de lévites, des castes d’un sang prétendu privilégié, des classes guerrières prétendues indispensables, s’imposèrent aux nations et vécurent à leurs dépens, cela ne put se faire sans donner naissance à une immense misère ; car alors l’homme ne travaillait guère qu’avec ses bras, et sa production individuelle ne dépassait presque pas sa consommation. Depuis l’introduction des machines et du travail mécanique, depuis l’emploi du capital et des forces naturelles, l’oisiveté de certaines classes a causé moins d’inconvénients, parce que le travailleur produit plus qu’il ne peut consommer. Seulement, une partie de ce qui lui serait resté de ses produits est allé subvenir aux besoins des oisifs.

Mais les siècles d’oppression et d’injustices que le monde a traversés, n’ont pas été sans laisser

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