‹ Les lois économiquesChapitre 232 sur 239 · CHAPITRE XXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI

d'innombrables causes de misère que la civilisation n’a pu extirper de son sein. Nous lavons déjà dit, la misère n’a pas une cause locale, récente ou instantanée, elle nous a été léguée par les tristes époques qui forment l’histoire du monde antérieurement à la reconnaissance du droit que possède tout homme d’user librement de son travail, de son capital, de son crédit et de son intelligence.

Que l’on cesse donc d’attribuer la misère tantôt au manque d’économie que l’on peut constater dans l’ouvrier, tantôt à son insouciance, à sa paresse, à son ivrognerie, à son imprudence ou à une foule d’autres défauts personnels. Tout cela peut créer le besoin individuel, mais cela ne donne pas la raison de l’état d’indigence des millions de travailleurs qui se courbent sur les sillons de père en fils depuis tant de siècles. Pour un ouvrier querelleur, ivrogne, débauché, imprévoyant et sans économie que vous me montrerez dans la misère, je vous en montrerai vingt, je vous en montrerai cent, sobres, tranquilles, prudents et travailleurs infatigables, qui végètent dans de misérables huttes, sont à peine vêtus et ne mangent que les aliments les plus grossiers.

LE PAUPÉRISME

C’est de la misère de ceux-là dont il faut s’occuper, car elle provient d’une longue violation de toutes les lois économiques, et on peut y porter remède en rendant à chacun les droits dont nul n’aurait jamais dû être dépossédé. Il est évident que s’il existe des lois ou des règles économiques , on n’a pu les enfreindre ou les violer sans causer une certaine perturbation dans la condition d’une partie des membres de la société, sans créer des misères pour une longue suite de générations.

Et pendant combien de siècles les lois qui régissent le travail n’ont-elles pas été violées? Pendant combien de siècles les règles qui déterminent la formation et la fonction du capital n’ontelles pas été enfreintes? et dans quelles contrées le crédit et l’intelligence ont-ils aujourd’hui pleine liberté pour produire et se développer?... :

On a longtemps répété que le paupérisme est un fait nouveau, une conséquence de l’industrie et de la civilisation !

Le paupérisme, en tant que constatation officielle de la misère, est certainement d’origine toute récente ; mais conclure de là que la misère n’existait pas au même degré dans les âges passés, c’est dire que les nuits n’ont commencé qu’à

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