‹ Les lois économiquesChapitre 234 sur 239 · CHAPITRE XXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXII

La production*

On a cru longtemps, et bon nombre de gens croient encore que pour répandre le bien-être et l’aisance il fallait développer le travail, l’encourager et au besoin le créer. On a imaginé mille mesures, inventé mille moyens pour multiplier les sources de la production, ouvrir des débouchés, faciliter des échanges, et l’on s’est toujours trouvé en face d’obstacles sans cesse renaissants, on a rencontré des embarras qu’il a fallu ou tourner ou écarter au prix de grands sacrifices.

LA PRODUCTION

Frappés du peu de bons résultats qu’ils obtenaient, les législateurs se sont consolés en disant que l’homme était né pour souffrir et qu’il y aurait toujours des pauvres.

Nous avons déjà dit ce que nous pensons de cette assertion : le libre développement, la libre action des lois économiques, nous en sommes convaincu, fera disparaître les causes générales de la misère et ne laissera dans le monde que des causes individuelles de souffrances ou de besoin, causes complètement inhérentes à la nature humaine.

Les systèmes que l’on a suivis n’ont eu pour effet et n’ont pu avoir pour résultat que de réduire la production en restreignant forcément la consommation. Il fut un temps où l’on s’écriait en France : le pays produit trop ! et sans savoir ce qu’ils faisaient, nos législateurs exclurent, par l’élévation des prix, un certain nombre de consommateurs, ils les privèrent de toute part dans l’emploi de tel ou tel article, dans l’usage de telle ou telle denrée! C’était une répartition des plus inégales et des plus injustes des avantages et des désavantages de l’état de la société : aux uns on { donnait les gros profits et les salaires privilégiés ; aux autres on imposait la privation partielle de

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