CHAPITRE XXII
établit la protection absolue en système en onl donné la démonstration mathématique.
Sans entrer dans des détails statistiques dont 'pourrait facilement et peut-être justement •master les chiffres, il est aisé de voir que la •production agricole s’est accrue dans la proportion exacte de T accroissement de la population, de l’augmentation de la richesse du pays.
Dans les pays où le blé est à très-bon marché, on n’emploie à sa production que très-peu de travail, on ne cultive que les terres de qualité supérieure.
Dans ceux où le prix du grain est plus élevé, la culture descend à des terres de qualité moins bonne, on est forcé d’y dépenser plus de travail; dans ceux encore où les mercuriales sont trèsélevées on cultive toutes les terres , bonnes, médiocres et mauvaises, et le travail employé y est très-considérable. Vouloir forcer la culture à s’étendre au delà de la limite que lui tracent la richesse et la population d’un pays, c’est-à-dire la consommation, c’est vouloir faire hausser les prix, jeter le trouble et la désorganisation dans le système social , briser le rapport du travail et du produit, intervenir entre l’offre et la demande et semer la misère à pleines mains.
LA PRODUCTION
Portez artificiellement la production à ses dernières limites et vous jetez sur les marchés des excédants de produits invendables : plus vous voulez forcer la production , c’est-à-dire plus vous protégez, et plus vous élevez les prix de revient des produits, ou en d’autres mots, plus vous diminuez le nombre des consommateurs.
On a souvent attribué à des spéculations exagérées, à de mauvaises combinaisons financières, à d’imprudentes extensions de crédit, les crises commerciales, les paniques , les encombrements de denrées et les avilissements de prix.
Or, il n’y a pas de cause plus certaine de spéculation exagérée que la protection législative et toute mauvaise combinaison financière, toute extension imprudente de crédit assez considérable pour causer une perturbation générale prend sa source dans un privilège , un mono- ! pôle ou une prohibition.
Tout privilège, tout monopole, toute prohibition empêchent la production et la consommation de se faire équilibre , de prendre paisiblement leur niveau naturel.
La production d'un pays est donc toujours proportionnelle à sa population et à sa richesse, de même que la production d’un homme est tou- !