‹ Les lois économiquesChapitre 26 sur 239 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

être toujours progressif et proportionné aux travaux et aux produits de chacun. C’est par l’application de cette maxime que tous les hommes ont des droits égaux et que ces droits sont parfaitement harmoniques, parfaitement compatibles entre eux.

L’économie politique n’admet pas l’intervention du hasard dans le gouvernement des choses de ce monde : pour elle, tout effet est précédé d’une cause parfaitement démontrable, parfaitement logique. Rien de plus opposé à ses doctrines que cette réflexion de Mme de Staël : « Les événements de ce monde, dit-elle, quelque importants qu’ils nous paraissent, sont quelque fois mus par les plus petits ressorts, et le hasard en réclame sa forte part... »

Si parfois une goutte d’eau fait déborder un vase, c’est que de nombreuses autres gouttes l’avaient auparavant rempli 5 le hasard n’est pour rien dans la chute ni de la première ni de la dernière goutte. Il n’,y a donc pas pour l’économiste de révolutions sans causes, les événements n’arrivent pas par surprise et tous changements qui surviennent sont préparés longuement à l’avance parles fautes des gouvernants.

Nos hommes d’Etat ont toujours paru ignorer

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ces vérités, et l’un deux, qui compte parmi les plus brillants, a pu s’écrier en pleine législature que l’économie politique était une science ennuyeuse ! Ne sommes-nous pas en droit de mettre ce savant historien au nombre des plus aveugles ou des plus frivoles?

L étude consciencieuse de l’économie politique rendrait nos hommes d’État plus justes et plus clairvoyants : l’application sincère de ses principes rendrait nos lois plus humaines et plus équitables ; la pratique de ses doctrines moraliserait les populations, adoucirait les mœurs en faisant disparaître les haines, les rivalités et les antipathies et ferait succéder le règne de la raison et du droit à celui de l’hypocrisie et de la violence.

Mais, nous avons besoin de le répéter, ce n’est pas l’économie politique qui a inventé les causes et les effets que nous avons indiqués et dont nous allons encore nous occuper; elle n’a fait que les constater, que les révéler. On la proscrirait que les mêmes causes produiraient les mêmes effets et que le monde continuerait sa marche vers le progrès, vers l’unité, comme les astres continueraient leur course à travers les espaces éthérés si l’on fermait demain tous les observatoires du monde.

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