CHAPITRE II
Le travail.
Dans toutes les situations où l'homme peut être placé, il ne vit et ne peut vivre que du produit du travail.
Celui qui jouit de l’indépendance la plus absolue, l’Algonquin, le Commanches et l’Iroquois des forêts de l’Amérique du nord, travaillent comme l’habitant de nos cités les plus industrielles, car la chasse et la pêche ne leur donnent des produits qu’après une longue suite d’efforts et de fatigues : les noirs du Congo et de
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la Sénégambie, malgré l’extrême fertilité du climat et 1 absence de rudes hivers, sont obligés, pour vivre, de semer et de récolter quelques grains et quelques végétaux. En aucun lieu du monde, l’homme ne peut obtenir sa nourriture, ses vêtements et un abri, qu’au prix de ses sueurs.
Le travail est donc la loi générale de l'humanité : nous ne croyons pas que ce soit un châtiment qui lui ait été infligé, car sans le travail 1 homme serait un être incomplet, ses facultés physiques et intellectuelles ne se développeraient pas.
En travaillant, l’homme obéit à la loi de la nature; il remplit la première des conditions de son existence.
Il résulte de là que, prenant l’humanité dans son ensemble, plus le travail se développe et plus la race humaine s’élève. L’homme, loin de gémir d’être forcé de travailler, doit s’en enorgueillir, car le travail révèle son intelligence et le distingue de la brute. C’est par l’œuvre de ses mains, le labeur de son génie, par des efforts et des soins assidus qu’il dompte la matière et maîtrise la vie animale, c est le travail qui le fait le roi de la création.