‹ Les lois économiquesChapitre 28 sur 239 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

Plus l'homme est civilisé et plus il travaille : seulement à mesure que son intelligence se développe, le travail de ses mains devient moins pénible, parce qu’il appelle à son aide certaines forces latentes de la nature inconnues aux peuples encore dans l’enfance de la civilisation. Ses besoins s’accroissent, il est vrai, avec son développement intellectuel, mais son génie sait découvrir certains moyens puissants, rapides et économiques de multiplier ses forces et de produire ce qu’il doit consommer.

Ce serait donc une erreur profonde que de voir le travail seulement dans l’œuvre des bras : la main n’est que l’agent, l’outil dont se sert la tête.

La force intellectuelle ne peut produire pcœ elle-même, il est vrai; mais de son côté la force physique a besoin d’être dirigée et soutenue par Tintelligence. L’être complètement dénué de sens est absolument impotent.

11 suit de là que le produit du travail doit être réparti entre le producteur intellectuel et le producteur physique. Quand le travail de tout genre est entièrement libre, cette répartition se fait tout naturellement, parce qu’il n’y a jamais excès d’aucune espèce, la loi de l’offre et de la de-

LE TRAVAIL

mande détermine dans tous les cas le nombre des travailleurs de toute sorte et sert de régulateur invariable à leurs efforts.

Si au contraire, des privilèges, des immunités interviennent, il y a tout à coup surabondance de travailleurs du côté privilégié, il y a oppression, misère et ruine de l’autre.

Le travail a longtemps été regardé comme indigne des hommes libres : nous sommes heureusement sortis, dans l’Europe occidentale, de cette époque de barbarie. Aujourd’hui tout homme travaille, soit par ses bras, soit par son capital, soit par son intelligence, soit par son crédit, et s’il nous reste encore quelques oisifs, c’est que nous ne sommes pas complètement débarrassés d’un triste passé dont les racines sont toujours vivaces.

Avec le travail de tous la misère disparaîtra , car la misère n’est venue que parce que quel™ ques-uns, abusant de leur force ou de leur savoir, ont prétendu avoir droit à des produits qu’ils n’avaient créés ni par le travail de leur bras, ni par l’œuvre de leur intelligence, ni par l’usage de leur capital, ni par l’emploi de leur crédit.

Les bras, l’intelligence, le crédit, le capital,

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