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CHAPITRE III

soit de la houille, soit du fer, ou avait sculpté une statue, peint un tableau, écrit un livre, quil a échangé contre cet or et cet argent.

Vous n’oseriez crier sur les toits que vous avez droit à tout ou partie des produits du travail de ce pêcheur, de ce sculpteur, de ce maçon, de cet écrivain, de ce voiturier, comment donc pouvez-vous y prétendre, quand ils ont échangé ce produit contre une autre valeur?

Nous insistons sur l’identité du capital monétaire et du capital en nature, parce que c’est de la distinction que l’on a voulu faire que sont nées une foule d’erreurs, une foule d’attaques injustes et passionnées contre le droit, contre la propriété.

L’agriculteur qui possède cent boeufs, l’armateur qui s’est fait construire un ou deux navires, le porteur d’eau qui pousse son tonneau, le roulier auquel le charron a vendu une voiture, l'auteur qui vient d’achever un manuscrit, le maçon qui vient de s’élever une maison, le bûcheron qui achève de façonner une douzaine de paires de sabots, sont tous propriétaires d’un certain capital, échangeable contre une somme d’or ou d’argent, ou tout autre objet fabriqué, inventé, cultivé ou façonné. Le capital est en un

LE CAPITAL

mot le produit dont le travailleur n’a pas besoin pour sa consommation immédiate. Si le tiavail du producteur lui laisse chaque jour un surplus, cet homme devient capitaliste, quel que soit 1 objet produit, à une condition cependant, e est que cet objet soit échangeable contre quelque chose d’utile, ou qu’il puisse s’en servir pour hâter ou accroître sa production.

Dans 1 état de civilisation où nous nous trouvons, il n’est guère personne, nous le croyons, qui, à un degré ou à un autre, ne soit capitaliste; il n’est guère personne qui n’ait ni meubles, ni outils, ni ustensiles, ni instruments, produits d’un travail antérieur, accumulé.

Le caractère distinctif du capital, c’est qu’il tend toujours à se reproduire et à s’accroître; c’est que créé par nos travaux, il multiplie notre puissance individuelle ou collective et nous aide à faire usage des forces latentes naturelles que recèle la matière. Voyez combien s’est étendu notre domaine dans le champ de la sujétion des forces naturelles depuis la première invention qui accrut la force de nos bras !

Quelle distance n’y a-t-il pas de l’homme qui se servit le premier d’un levier fait d’une branche informe, au mécanicien qui manoeuvre aujour-

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