CHAPITRE I
que ni la chimie, ni la physique, ni l’astronomie ne sont des sciences?
Cependant on nous dira que les économistes se contredisent à l’envi, que les uns acclament la concurrence comme un bienfait, tandis que les autres la dénoncent comme une calamité; on ajoutera que celui-ci a posé à la population des lois contestées par celui-là; les règles et les principes qui déterminent l’accroissement de la population ne sont pas les mêmes pour tous les maîtres de la science, ce n’est, en un mot, prétendra-t-on, qu’afïîrmations détruites par des négations, qu'une suite perpétuelle de contradictions, et l’ensemble des doctrines est un véritable chaos aux limites inconnues.
Eh bien! quand cela serait? quand il serait exact de dire que tout n’était encore hier qu’incertitude, que tâtonnement, on ne serait pas en droit pour cela de nier les vérités acquises aujourd’hui.
Est-ce que l’antiquité tout entière, antiquité juive comme antiquité égyptienne, antiquité grecque comme antiquité romaine, n’a pas eu les idées les plus contradictoires et les plus fausses sur la nature, l’action et la constitution physique du soleil?
Est-ce que, encore aujourd’hui, les plus grands doutes n’existent pas sur certaines questions relatives à cet astre?
Est-ce que les opinions ne sont pas divisées, quant aux causes de la scintillation des étoiles?
Est-ce que l’on connaît la nature du fluide électrique ou les causes mystérieuses de Fattraction de l’aimant?
Ceux qui ont reproché à l’économie politique de n’avoir pu résoudre encore tous les problèmes, expliquer tous les phénomènes, avaient oublié, ce nous semble, qu’aucune science n’est arrivée à son maximum de développement, et que nul savant au monde ne peut se glorifier de posséder complètement les connaissances dont il a fait le but exclusif et incessant de ses études. Ne sait-on pas d’ailleurs que l’horizon intellectuel s’élargit et s’éloigne à mesure que nous avançons dans la pratique des sciences exactes? Qu’est-ce qu’une science?
Sans vouloir donner de ce mot une définition de nature à satisfaire tous les goûts et toutes les opinions, nous croyons pouvoir dire que c'est un ensemble de faits et de règles en vertu desquels on peut déterminer les rapports de certaines choses entre elles. Or, l’économie po-