‹ Les lois économiquesChapitre 40 sur 239 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

de discussion économique sur lequel les passions ont parfois voulu jeter des doutes.

La terre ne représente et ne peut représentei un capital ou une valeur que du moment où le travail Ta mise en état de produire, la assainie, défrichée, fertilisée. Gela est si vrai qu’une grande partie des terres de T Aust ralie, de la Nouvelle-Zélande, des Etats-Unis, du Canada et autres pays vierges, ont été concédées en toute propriété au prix nominal de un sclielling par acre \ que dans l’Algérie le gouvernement donne des terres presque°gratuitement et qu’il existe encore beaucoup de contrées où les colons reçoivent des concession de terrains, à charge seulement de les mettre en culture.

Le travail manuel seul cependant ne suffit pas pour donner à la terre toute la valeur qu elle peut acquérir : il faut encore que des institutions gouvernementales garantissent une certaine sécui ité, que la population soit arrivée à un certain degré de densité et que des moyens de communication facile soient établis : toutes ces conditions résultent de l’action du principe de collectivité,

11 suit de là que la valeur n’est pas une propriété inhérente à la terre ; que celle qui lui est prêtée n’est que la représentation des travaux an-

LE CAPITAL

térieurs et accumulés d’assainissement, de défrichement, de fertilisation et de ceux qui lui garantissent la sécurité, la circulation et l’écoulement de ses produits.

Le capital terrien ou immobilier est donc , comme tout autre capital, la valeur du travail dépensé sur le sol pour le faire sortir de l’état inculte ou improductif. Aussi la théorie de la rente émise par Ricardo et autres économistes anglais est généralement fausse, car la terre prise en elle-même, abstraction faite de tout travail humain, ne rapporte rien à son possesseur.

Et cela est incontestable, car les terres rebelles au défrichement ne représentent aucune valeur pour ceux qui les possèdent, car plus elles sont loin de tout centre de population, plus sont rares les moyens de communication et de circulation, et moins est grande leur valeur vénale ou échangeable. C’est au point qu’il y a des terres considérables en Algérie, en Amérique, en Tartarie, en Cafrerie, dont la culture ne causerait que des. pertes à ceux qui voudraient les cultiver, et il enest immensément d’autres pour lesquelles on ne trouverait acheteurs à aucun prix.

Voyez cependant, si l’or, l’argent, les outils, les vêtements, les denrées alimentaires ne con

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