CHAPITRE III
la puissance motrice d’une chute d eau? ÎNe ciaignez pas que ce soit du fond des tentes que parte aujourd’hui un cri d’accusation contre le capital et qu’on lui reproche sa tyrannie! 11 est encore trop nouveau venu parmi eux, sa première apparition industrielle est trop récente et ses bienfaits sont encore trop visibles, pour que les Arabes aient oublié quels étaient leuis travaux, leurs souffrances et surtout leurs privations avant sa venue.
La fonction du capital depuis l’invention des premiers outils, depuis l’introduction des premières machines, n’a pas cessé d’être la même partout et toujours : il a facilité le travail et contribué à faire croître la production, c’est-àdire qu’il a aidé au développement des jouissances de toute nature de l’humanité tout entière. Mais à mesure que le monde a progresse, que la civilisation s’est généralisée; à mesure que les rapports des hommes entre eux se sont multipliés, le capital s’est caché tantôt sous une forme, tantôt sous une autre, et a fonctionné sous mille déguisements divers. C’est alors qu’on a perdu de vue son origine, que 1 on a oublié qu’il était un peu partout et que l’on n’a plus voulu le reconnaître que sous un de
LE CAPITAL
ses travestissements, celui sous lequel il n’existe qu’en très-petite quantité, proportionnellement parlant, et l’on n’a plus appelé capital que cette partie de la fortune publique ou privée qui s’entasse ou circule sous forme métallique.
L’or et l’argent ont été les seuls capitaux qu’aient reconnus certains publicistes, qui, prenant le moyen pour le but, ont basé sur cette confusion de toutes les saines notions économiques les systèmes les plus étranges et les plus illogiques.
Ils oubliaient qu’un homme ne possède de l’or et de l’argent que parce qu’il a accompli antérieurement certains travaux qui méritaient rémunération. S'il n’a voulu recevoir cette rémunération, ni en terres, ni en maisons, ni en outils, ni en ustensiles d’aucune espèce, ni en marchandises, meubles, vêtements ou denrées alimentaires, il a bien fallu que la société, ou tout simplement celui pour le profit duquel les travaux avaient été faits, le rémunérât en certaines valeurs de convention toujours échangeables contre des produits. De sorte que cet homme, en échange de ses travaux, en échange des services qu’il a rendus, a reçu de l’or ou de l’argent, c’est-à-dire les movens de se procurer,