‹ Les lois économiquesChapitre 48 sur 239 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

rons pourquoi vous ne voulez payer que le travail actuel, pourquoi vous refusez de payer le travail antérieur sans lequel le travail actuel ne serait pas possible ?

Notez que nous ne demandons pas que vous payiez la force de gravitation et de pesanteur qui réside dans le jeu ou l’action réciproque de l’en-* clume et du marteau, pas plus que nous n’exigeons de rémunération pour le calorique qu’émet la houille en combustion. Ce que nous voulons, ce que nous demandons, c’est la rémunération du travail qui a créé les outils, qui a préparé le fer et la houille, imaginé et construit la forge. Et comme cette forge et ces outils dureront une certaine série d’années, comme pendant ce temps ils aideront le forgeron à ferrer un grand nombre de chevaux, nous ne vous demandons qu’une partie infinitésimale de ce qu’ils ont coûté, parce que la valeur totale de ce travail accumulé sera répartie sur tous ceux qui profiteront de ces produits. Quoi de plus logique, quoi de plus juste ?

Le capital ne demande rien, ni pour l’emploi des forces naturelles, ni pour le résultat de la collectivité des forces; nous avons prouvé que le bénéfice que l’on en retire profite à la société tout entière.

LE CAPITAL

Il n’y a que le travail humain qui mérite et reçoive salaire. On a quelquefois poussé l’oubli ou l’ignorance des plus simples notions économiques jusqu’à demander que le gouvernement fournisse à tous les travailleurs des instruments de travail, du crédit gratuit, c’est-à-dire que Ton donnât à tous un certain capital !

Où donc le gouvernement a-t-il entassé l’approvisionnement d’outils, de machines et d’instruments dont on lui demandait la répartition?

Et si l’on nous dit que l’on voulait seulement une répartition d’espèces monétaires pour que chaque travailleur put se procurer les outils et les marchandises dont il a besoin , nous nous demanderons alors où se trouvent les trésors intarissables où le gouvernement devait puiser ?

L’or et l’argent, nous le répétons, car c’est sur les préjugés qui attachent à ces matières l’idée exclusive de richesse et de capital qua reposent toutes ces erreurs, l’or et l’argent ne sont que la représentation de certains travaux antérieurs. Le gouvernement ne peut pas plus en fabriqner à volonté qu’il ne peut changer le cours ordinaire des saisons; leur abondance ou leur rareté est l’effet de lois aussi invariables

Page 1