‹ Les lois économiquesChapitre 58 sur 239 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

l’or et l’argent du Pérou et du Mexique vinrent quadrupler ou quintupler les valeurs monétaires avec lesquelles l’Europe était accoutumée à faire ses échanges. La valeur de l’or et de l’argent baissa, c’est-à-dire que l’on fut obligé d’en donner une plus grande quantité pour obtenir la même mesure de grain qu’avant l’irruption de ces métaux. Ainsi l’hectolitre de blé qui s’échangeait auparavant contre cinq francs d’argent ne s’échangea plus que contre dix-huit ou vingt.

La quantité de blé produite ne s’était guère augmentée, par conséquent le chiffre des quantités offertes sur les marchés était resté stationnaire : la quantité d’or produite s’était au contraire augmentée considérablement, la demande du blé s’ était accrue en même temps que l’offre de l’or, le blé devait donc hausser de valeur relativement à la monnaie.

Mais quand il survient quelque grande convulsion sociale qui fait redouter l’avenir; qui menace la sécurité dont ont besoin toutes les propriétés, les valeurs monétaires semblent diminuer en quantité; on les retire de la circulation, on les cache : l’or et l'argent haussent alors de prix et toute autre matière échangeable paraît baisser de prix. La production dépasse alors

LA VALEUR

la consommation et l’offre est supérieure à la demande.

Depuis la découverte des gisements d’or en Californie et en Australie, nous sommes évidemment entrés dans une de ces périodes où la valeur de l’or et de l’argent s’amoindrit relativement à celle de tout objet de consommation. L’accroissement simultané de toutes sortes de valeurs de crédit contribue à accélérer le déclassement qui se fait dans la société, et à changer momentanément l’ancien rapport de la production avec la consommation.

11 s’établira à la longue un nouvel équilibre entre l’offre et la demande : le travail devra recevoir sa rémunération légitime et tous les produits prendront la juste valeur qui leur appartient. Mais gardons-nous de croire que les individus ou les gouvernements peuvent avoir aucune action sur des phénomènes de ce genre, qui semblent n’arriver qu’au moment oùle genre humain est prêt à faire un pas décisif vers la civilisation et le développement de la liberté.

Quand tous les trésors du monde connu se concentrèrent à Rome au commencement de l’empire, de nouveaux principes sociaux vinrent réhabiliter la femme et préparer la fin de l’escla-

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