‹ Les lois économiquesChapitre 59 sur 239 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

va ge. Quand les mines du Potose envoyèrent à l’Europe leurs produits merveilleux , l’esprit humain secoua le linceul de la superstition et le droit commença à disputer le pouvoir à la force.

Avant de quitter cette question de la valeur, nous devons dire quelques mots sur des différences assez notables qui se produisent dans certaines valeurs qui sembleraient devoir être tout à fait semblables. Ces différences ne paraissent pas provenir de Faction de l’offre ou du fait de la demande, ou du moins Faction de la loi économique est modifiée par certaines autres causes occultes et elles ont embarrassé plus d’un économiste. Voici la difficulté dont nous voulons parler.

Pierre possède un bois, ou un pré, ou un champ de labour qui lui rapporte cent francs par an : il vend ce bois, ce pré ou ce champ dç labour pour quatre mille francs. Ses quatre mille francs employés en terre lui rapportaient cent francs, c’est-à-dire avaient pour lui la valeur d’une rente annuelle de cent francs.

Il achète des fonds publics, ou bien place son argent à intérêt, et alors cette même somme de quatre mille francs lui rapporte chaque année

LA VALEUR

deux cents francs : la valeur qu’elle représente a juste doublé!

Il est impossible d’admettre que ce résultat provienne en entier de l’action de l’offre et de la demande, parce que quand ces différences se produisent dans des placements de même nature, le niveau ne tarde pas à s’établir. Ainsi si nous supposons qu’à un moment donné les vignobles rapportent quatre et les prairies deux et demi seulement, les capitaux destinés à des achats de terres se portent de préférence sur les vignobles, la demande s’accroît, le prix s’élève, et le taux relatif du revenu baisse d’autant.

On a voulu expliquer la différence de valeur que 1 on constate partout, et que nous croyons avoir été toujours constatée entre les propriétés mobilières et les propriétés immobilières, par la plus grande sécurité qui semble attachée à la possession de ces dernières : nous ne croyons pas que cette raison soit suffisante pour créer un écart aussi considérable.

Nous pensons que la cause de cette' différence de valeur résulte d’une loi d’après laquelle les capitaux mobiliers souffrent une dépréciation continue, témoin les espèces monétaires qui ont subi depuis mille ans une réduction de 15 pour

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