CHAPITRE IV
un, c’est-à-dire que quinze francs d’aujourd'hui égalent à peine un franc d’alors, loi d'après laquelle encore les capitaux immobiliers voient s'augmenter graduellement la somme de leurs produits : Ainsi, sans aucun doute, les bois étant mieux aménagés, les champs mieux cultivés, ils produisent les uns et les autres peut-être le double de ce qu’ils produisaient il y a mille ans.
Les capitaux absorbés par la possession de valeurs immobilières s’accroissent donc naturellement dans la suite des temps, et les capitaux représentés par des valeurs immobilières décroissent graduellement en puissance d’échange. Une sotte d’instinct nous fait obé;r à notre insu à cette loi invisible, de là vient nécessairement la différence d’appréciation de valeur dans ces deux sortes de capitaux.
Cette loi dont on ne niera pas l’existence, ni les effets, nous le croyons, montre combien sont erronées toutes les mesures législatives qui ont pour but de fixer une limite à la valeur du capital mobilier, c’est-à-dire de régler le taux de l’intérêt sur l’argent.
Nous traiterons plus loin la question de l’intérêt, et à cette occasion nous pourrons revenir
LE SALAIRE
avec plus de développements sur cette loi de décroissance des capitaux mobiliers et de croissance des capitaux immobiliers.
« Le travail, a dit un économiste anglais, M. Ricardo, a sa valeur naturelle, comme toute autrechose qui se vend et s’achète etdontla quantité peut être accrue ou diminuée. Le prix naturel du travail est celui qui permet aux travailleurs, pris tous ensemble, de vivre et de perpétuer