‹ Les lois économiquesChapitre 62 sur 239 · CHAPITRE Y · texte numérisé non relu

CHAPITRE Y

savoir et les aide à obtenir les moyens de substituer les forces naturelles à la vigueur de leurs muscles et Tact ion mécanique de la matière à la force musculaire de leurs membres. Ajoutons maintenant que la valeur équitable et vénale du travail n’est pas toujours déterminée d’une façon absolue par l’action de l’offre et de la demande. Le prix des denrées indispensables à la conservation de la vie, ainsi que les habitudes et les mœurs des populations, influent à un très-haut degré sur le taux des salaires. C’est en grande partie cette raison des mœurs et habitudes des populations qui a créé la différence énorme que l’on constate entre le taux du salaire actuel et le prix du travail d’il y a un siècle ou deux. C’est encore cette raison qui fait que les salaires du travailleur russe sont inférieurs à ceux du Français, de l’Anglais et de l’Américain, et que ces derniers diffèrent entre eux.

L’esclave de la Géorgie et de l’Alabama travaille et ne reçoit aucun salaire : le fellah de l’Égypte et le mougick de Russie travaillent et sont à peine rémunérés : les salaires du travailleur autrichien et du travailleur de Prusse sont inférieurs à ceux que reçoit l’ouvrier français : le Français, à son tour, est moins bien payé que

LE SALAIRE

le travailleur anglais, et celui-ci moins bien rémunéré que le travailleur américain!

La raison de ces différences se trouve dans la loi économique en vertu de laquelle les produits croissent en quantité ou en valeur, à raison de la liberté dont jouit le travailleur.

Or, les salaires sont toujours proportionnels à la quantité ou à la valeur des produits.

L’inégalité que l’on peut observer dans les salaires des travailleurs des diverses nations montre combien est peu fondée l’accusation que l’on porte contre les progrès accomplis, de n ôtre pas descendu dans les classes ouvrières, et combien on a tort d’affirmer que les charges se sont élevées en proportion exacte des profits. On oublie, ce nous semble, que l’accroissement des charges provient presque en entier de ce que le travailleur d’aujourd’hui satisfait un grand nombre de besoins inconnus aux générations passées. L’homme est riche en proportion des moyens qu’il peut posséder de se rendre la vie facile, d accroître son bien-être matériel et sa puissance intellectuelle. Si le travailleur peut aujourd’hui participer à quelques-unes de ces jouissances qui étaient complètement inabordables à ses prédécesseurs, au prix même d’une augmentation de

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