‹ Les lois économiquesChapitre 63 sur 239 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

dépenses , il est évident que sa condition s’est améliorée.

Le taux des salaires, avons-nous dit, s’élève ou s’abaisse suivant la cherté ou le bon marché des choses nécessaires à la vie matérielle. Cette action du coût des denrées sur le prix du travail n’est cependant ni instantanée, ni uniforme, ni régulière : on ne peut constater les effets qu’à la longue, parce qu’elle n’est pas directe, et ne provient qne de la gêne ou de l’aisance de la majorité des consommateurs. Si les denrées sont chères, par suite de rareté, la consommation de toutes choses se restreint, le travail devient rare, et comme le nombre des travailleurs ne diminue pas, l’offre de bras est plus considérable que la demande et le prix du labeur descend. Si, au contraire, tout est bon marché, les ventes se multiplient, le commerce et l’industrie prennent une grande activité, la production a besoin de travailleurs et les salaires s’accroissent.

Malheureusement cette action de la cherté et du bon marché n’a lieu que par répercussion, elle est parfois assez longtemps à se déclarer ; son influence ne s’étend pas partout en même temps, ni d’une manière uniforme. Plus l’industrie prend d’extension cependant et plus ses di-

I30 LE SALAIRE

verses branches deviennent sensibles aux rapides et nombreuses variations des mercuriales. Il est donc important que rien n’entrave le jeu naturel des cours, que rien autre que la consommation régulière du pays ne pèse sur les prix pour les élever d’une manière artificielle.

Mais ce qui contribue, selon nous, à déterminer de la manière la plus exacte le taux normal ûcs salaires, le prix vénal et naturel du travail, c’est le rapport du chiffre du capital avec celui de la population, c est encore le degré d’instruction 1 épandue parmi les travailleurs. Plus le capital est abondant relativement au chiffre de la population, et plus le travail est recherché, plus son prix est élevé.

L’accroissement du capital a une double action sur la fixation du taux des salaires.

D’abord le capital ne peut guère s’accroître sans se répartir en un plus grand nombre de mains, c’est-à-dire en réduisant la proportion des salariés, et il ne peut s’augmenter ensuite, sans accroître la quantité du travail à accomplir, de bras a occuper. Le capital ne se crée pas pour rester oisif et improductif, car il est essentiellement reproducteur de sa nature. Lors donc qu’il* s’accroît, la production augmente, et l’effet iné-

Page 1