‹ Les lois économiquesChapitre 64 sur 239 · CHAPITRE Y · texte numérisé non relu

CHAPITRE Y

vitable d’un élargissement de production est une élévation des salaires, une amélioration du bienj être des travailleurs.

Ce qu’il importe donc avant tout, c’est que le capital s’accroisse pour s’associer au travail, régulariser son action et faire fructifier ses efforts.

L’harmonie des salaires avec le progrès de r intelligence n’est pas moins frappante : plus les connaissances scientifiques répandues dans une nation sont étendues, plus il y a d’hommes émi- ! nemment savants, plus le savoir des travailleurs pris en général est varié et abondant, et plus le taux général des salaires est élevé. Cette connexité du savoir et du salaire est si intime qu’elle s’étend même à celui du manouvrier le plus ignorant : le savoir élève le niveau commun du bien-être, et sa bienfaisante influence descend ! jusqu’à ceux même qui lui sont le plus complètement étrangers.

Le taux du salaire, déterminé par toutes ces causes économiques que nous venons d’énumérer, veut être fixé librement par le concours du travailleur et du patron : il n’est aucune autorité au monde qui puisse intervenir d’une manière utile entre le salarié et le salariant. Le droit leur

LE SALAIRE

donne à tous deux la même liberté, car tous deux ils peuvent choisir ailleurs, traiter avec d’autres. Il serait donc juste, il serait donc bon que les droits légaux des uns et des autres fussent parfaitement identiques.

Que l’on ne dise pas que le patron peut toujours abuser de la position du travailleur pour obtenir ses services au-dessous de leur valeur, car il y a la concurrence entre les maîtres, entre les capitalistes, qui porte toujours les capitaux vers l’emploi le plus rémunérateur. Et cette concurrence serait réelle et efficace si le travail, le crédit, l’intelligence et le capital jouissaient d’une liberté complète.

Le travailleur a le plus grand intérêt à voir le capital s’accroître et s’accumuler, le crédit se fonder et se développer, et l’intelligence conquérir son entière indépendance ; car plus il y aura de capitaux employés dans l’industrie , plus le crédit viendra seconder les capitaux , plus l’intelligence mettra de forces naturelles au service du travail et plus le nombre des usines, des fabriques et des manufactures sera considérable, plus il sera facile d’obtenir de hauts salaires. Si vous n’avez dans une province qu’une fabrique, quelque considérable qu’elle soit, le travailleur est à

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