CHAPITRE VI
La richesse.
Les opinions émises sur la richesse, comme presque toutes celles qui se rattachent aux questions économiques, ont offert la plus grande diversité. Quelques auteurs ont prétendu que la richesse consistait exclusivement dans la possession du sol; d’autres ont affirmé que les producteurs agricoles étaient les seuls créateurs des richesses; d autres encore ont vu la source de toutes richesses dans la production industrielle, dans la création des valeurs mobilières, tandis que ceux- ~i réclamaient en faveur des capitaux monétaires
LA RICHESSE
ou du crédit, et que ceux-là faisaient valoir les droits des produits intellectuels.
Nous croyons que toutes ces opinions ne présentent chacune qu’une partie de la vérité.
La richesse provient de l’action combinée du travail et du capital, elle est l’excédant de la production sur la consommation et consiste dans le produit accumulé du travail manuel ou intellectuel des âges passés; dans le produit du travail présent, de quelque nature qu’il soit , et dans le produit présumé du travail quand ces produits sont sujets à l’échange ou à la consommation.
La possession du sol ne constitue pas par ellemême la richesse, car le possesseur ou le propriétaire de la plus belle métairie du monde, qui ne la cultiverait pas ou ne la ferait pas cultiver, c’est-à-dire qui n’en extrairait pas par le travail tous les fruits qu’elle peut produire, ce propriétaire serait aussi pauvre que l’Algonquin, LOsageou le Commanches des forêts d’Amérique, qui possèdent un sol où ils ne savent que chasser et pêcher. Elle ne consiste pas, non plus, exclusivement dans le produit que le travailleur agricole obtient du sol, car ce produit n’a de valeur que celle que lui donnent l’échange et la consommation.