‹ Les lois économiquesChapitre 68 sur 239 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

renferment le germe des richesses : ils ont besoin de l’échange, de la circulation et enfin de la consommation pour atteindre au rang incontestable de richesses numériquement appréciables.

Sauf certains fruits de la terre, sauf encore certains produits des forêts, de l’air ou des eaux, que les producteurs peuvent consommer personnellement, aucun produit ne forme par luimême ce que l’on peut appeler des richesses, parce que sans la circulation, l’échange ou la consommation, ils n’ont pas d’emploi possible.

Qu’importe à l’homme jeté sur une île déserte que ses champs regorgent de troupeaux, jaunissent sous des moissons naturelles; que les essences les plus précieuses croissent dans ses forêts; que ses ruisseaux roulent des pépites innombrables et que les diamants scintillent dans tous les affleurements d’argile ! il n’est pas plus riche que si cette île ne produisait tout juste que ce qu’il consomme. Bois, métaux, grains, pierres précieuses et toisons, n’auraient de prix pour lui que si par leur échange il pouvait se procurer quelques-unes des jouissances que lui refuse la solitude.

Nous avons dit qu’une des sources de la ri-

LA RICHESSE

chesse se trouve dans le produit accumulé du travail manuel et intellectuel des âges passés.

Ainsi tout ce que nos pères nous ont légué de terres défrichées, tout ce qu’ils nous ont laissé d’instruments de travail, de valeurs mobilières et immobilières de toutes sortes, de connaissances agricoles, industrielles, scientifiques, artistiques et commerciales, tout cela forme partie de notre avoir, tout cela aide à constituer notre richesse.

Nous avons dit encore que la richesse se trouvait dans le produit du travail présent, de quelque nature qu’il soit.

Le froment que nous donnent nos guérets, toutes les productions agricoles destinées à l’alimentation publique ou à la consommation industrielle, le produit de nos pêches et de nos chasses, le produit de nos industries de toute nature et le produit de notre travail intellectuel, tout cela forme évidemment une des sources les plus abondantes de nos richesses.

II va sans dire que toutes les valeurs métalliques que nous possédons, ainsi que toutes les valeurs mobilières et immobilières que nous créons, font partie de nos produits manuels ou intellectuels et figurent à ce titre au bilan de nos richesses.

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