CHAPITRE VI
Nous avons ajouté enfin que la richesse résidait encore dans le produit présumé du travail à venir.
C’est qu’en effet une mine, qu’elle soit de plomb, de houille, de fer ou d’argent, possède une valeur autre que celle de son produit journalier • ce qu’il a fallu y dépenser de travail pour la mettre en exploitation y a jeté des semences de richesses que le travail futur développera : c’est quele travail, quel qu’il soit, est riche d’autre chose encore que de ce qu’il produit jour par jour ; il est riche d’un fonds presque inépuisable de savoir, de capacité, d’adresse, de patience, de génie • c’est cette richesse future qui forme la base du crédit public et du crédit privé.
Nous n’avons dit qu’un mot, en passant, de l’argent, des espèces métalliques, que l’on prend si généralement pour le fonds de toute richesse, et qui, aux yeux du plus grand nombre, ont longtemps constitué et constituent encore la vraie richesse d’un pays. C’est que l’argent n’est qu’une partie très-minime de nos richesses : il est principalement un moyen de faciliter les échanges, il est un signe, une mesure pour évaluer le rapport des divers produits entre eux.
L’argent n’est une richesse que parce qu’il
LA RICHESSE
représente un produit et qu’il peut s’échanger contre celui-ci ou contre celui-là indistinctement : il n’est aucun produit manuel ou intellectuel dont la valeur ne puisse se mesurer sur celle de l’argent.
Il résulte de tout ce qui précède que l’idée exprimée par le mot richesse est complexe ; elle comprend les trois termes : production’ échange, consommation.
La richesse d’un pays est toujours le résultat de sa production passée, présente ou future; elle ne peut pas dépasser le chiffre de la consommation présente ou future.
Les peuples les plus riches sont ceux qui échangent le plus de leurs produits contre les produits des autres, car on n’échange jamais que son superflu et on l’échange contre des choses dont on a besoin. Et ici nous devons admirer cette salutaire harmonie des intérêts qui relie les hommes entre eux par le troc des excédants de produits que leur donnent leur sol ou leur industrie! Nous trouvons une source de nchessesdans ce qui parait au premier abord une cause de pauvreté !
La F rance ne produit ni café, ni indigo, ni vanille, l'Angleterre ne produit ni vin, ni co-