CHAPITRE I
mandent que Ton laisse à chacun la libre disposition de son temps, de ses bras, de son capital, de son crédit et de son intelligence.
L’antiquité tout entière a ignoré et méconnu les principes les plus évidents comme les problèmes les plus ardus de l’économie politique, Aussi les plus grands génies de la Grèce et de riialie, et le législateur des Juifs, n’ont pas hésité à proclamer la nécessité de l’esclavage et de l’asservissement des hommes les uns aux autres. Pour eux, Juifs, Grecs et Romains, toute prospérité résidait dans le succès des armes; le commerce et le travail étaient indignes d’hommes libres et courageux.
L’économie politique est donc une science toute moderne : elle est née de l’étude des faits, de l’analyse des phénomènes sociaux, de la recherche des causes et de la comparaison des effets entre eux. On l’a généralement définie, dans les premiers temps, la Science de la richesse .
C’est que la plupart des premiers économistes, ne pouvant embrasser d’un coup d’œil toutes les ramifications du faisceau de lumière qu’ils entrevoyaient, s'attachèrent à décomposer le rayon dont l’étude leur semblait le plus apte
à enchaîner l’attention de la multitude et à diriger la volonté des gouvernants.
L’ancienne définition de science de la richesse ne peut plus convenir aujourd’hui à l’économie politique, car elle ne s’occupe plus exclusivement de recherches sur la production de la richesse ; sa plus grande, nous dirons même son unique préoccupation, est, maintenant, d’arriver à la connaissance des causes qui influent en bien ou en mal sur la condition et le bien-être des individus de toutes les classes de la grande famille humaine.
Il ne suffit pas, en effet, de découvrir et de montrer comment les richesses se créent et s’accumulent, ni même comment elles se répartissent, il faut encore pouvoir démontrer que celle création et cette accumulation, que cette répartition de richesses, faites en vertu des principes éternels qui respectent la liberté de chacun dans son travail, dans son intelligence, dans son capital et dans son crédit, doivent nécessairement contribuer à accroître l’aisance, la moralité et le bien-être de tous dans la proportion exacte des efforts qu’ils ont accomplis.
De cette théorie basée sur la liberté de l’homme, et dont les pages qui suivent démon-