CHAPITRE
treront la vérité, naissent deux principes aux conséquences fécondes : le premier, celui de sa responsabilité individuelle, rehausse la dignité de l’homme, lui rend l’inielligence, et impose à chacun la nécessité du travail ; le second, celui de la solidarité universelle, mutualisant les efforts de tous les hommes, amène forcément le règne de la justice et devra inspirer un jour à toutes les races des sentiments réciproques de paix et de bonne volonté.
Les premiers économistes n’ont pas porté leurs vues aussi loin, il est vrai; cependant il serait injuste de ne pas le reconnaître, ils ont découvert quelques-unes des vérités que la science met encore aujourd’hui au premier rang de ses axiomes et sur lesquelles elle fonde ses aperçus de l’avenir. Les théories dont on s’occupait principalement autrefois n’avaient trait qu’à l’échange, à l’or, à l’argent, au crédit, à l'industrie ou à l’agriculture, et le but unique des théoriciens était d’appliquer leur système à l’administration des finances de l’État, au gouvernement de leur nation. Ils semblaient ignorer que les lois naturelles et invisibles qui régissent le monde social sont comme celles qui régissent le monde physique : leur action est universelle;
elles ne sont ni d’un temps, ni d’un lieu; si elles sont vraies pour une nation, elles sont la vérité pour toutes.
Ainsi, dans tous les temps, dans tous les pays, 1 esclavage a été un obstacle à la généralisation du bien-être, une source incessante de troubles et de misères, aussi bien pour les oppresseurs que pour les opprimés. Et nous devons le déclarer ici, l’économie politique repousse de la manière la plus absolue toute théorie, tout système qui cherche le bien de quelques-uns aux dépens de quelques autres ; elle condamne irrévocablement tout système, toute théorie qui, dans son application, froisse le droit d’un seul homme, dans son travail, dans son intelligence, dans son capital, dans son crédit.
L’économie politique a donc du cesser d’être seulement la théorie abstraite de la valeur et de la production ; elle a dû sortir des étroites limites du système fiscal et mercantile des premiers temps pour universaliser ses recherches, élargir son horizon, étendre, en un mot, à la race humaine tout entière les analyses de faits et de causes dont s’occupaient ses premiers adeptes. La phase pour ainsi dire matérialiste à travers laquelle elle a dû passer avant d’atteindre aux