‹ Les lois économiquesChapitre 73 sur 239 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

lisation des titres ou plutôt les perfectionnements apportés à la circulation des signes représentatifs des valeurs immobilières, sont venus donner à une partie du sol l’apparence extérieure de la richesse mobilière.

Ainsi, tout en classant les chemins de fer au nombre des richesses reposant sur la propriété du sol, et que nous appelons immobilières, nous devons reconnaître que ces richesses participent momentanément, parleurs signes représentatifs, à la nature des richesses mobilières. Les actions, en effet, qui représentent des parts de propriété dans les chemins de fer, dans les mines, dans les canaux, ou toutes autres valeurs de ce genre, sont des titres réels qui rendent propriétaires au même degré que les parchemins notariés qui transmettent, maisons, forêts ou métairies. C’est une propriété indivise soumise aux lois et règles spéciales à ce genre de propriété, mais dont la possession est aussi certaine que celle de toute autre partie du sol.

Nous avons dit que ces richesses ne participent que momentanément, par leurs signes représentatifs, à la nature des richesses mobilières : a’est que la possession de ces immeubles n’est pas perpétuelle, ils viendront quelque jour accroître

150 LA RICHESSE

la richesse immobilisée dans les mains de l’État.

Et il est juste qu’il en soit ainsi, car c’est seulement en vue de l’intérêt public que l’on peut violer les tables de la loi et du droit pour exproprier même contre indemnité préalable, et il importe que des services d’un intérêt aussi général que ceux de la circulation soient sous le contrôle de tous et se fassent au profit de tous. La possession des voies de fer par des compagnies particulières ne pourrait être admise que si elles n’étaient pas le résultat d’un monopole ; mais comme il est impossible que la liberté d’établissement des chemins de fer soit complète sans violer certains droits de propriété par l’expropriation, ces chemins doivent de toute nécessité tomber dans le domaine public et être exploités un jour au profit de tous.

La création d’un chemin de fer, le creusement d’une mine ou d’un canal, accroissent les richesses immobilières d’un pays d’une manière assez rapide pour que nous nous arrêtions un instant à étudier l’action de cette source féconde.

Quand une association de capitalistes s’est formée pour établir un chemin de fer dont la création devra coûter cent millions, elle a rassemblé à l’avance, ou elle sait où trouver ces

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