‹ Les lois économiquesChapitre 74 sur 239 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

< ent millions. À mesure que le terrain est acheté, qu'il est nivelé par les remblais ou les excavations, à mesure que le travail s’avance, la compagnie paie celui-ci et celui-là, solde les achats de terrain, de rails et de machines, et quand la voie est achevée, elle se trouve en possession d’une propriété qui lui a coûté cent millions. La mise en exploitation lui rapporte le même revenu ou plus que lui rapportaient les valeurs qu’elle a échangées contre ce chemin.

Dans le but de faciliter les négociations et la transmission, autrement dit l’achat et la vente de tout ou partie de cette immense propriété, les titres en ont été divisés en un grand nombre de parts ou d’actions vendables ou négociables. L’association possède donc toujours, mais sous une autre forme, les cent millions qu’elle a payés pour rétablissement du chemin.

Mais ces cent millions versés aux anciens propriétaires du sol, aux terrassiers, aux ingénieurs, aux fabricants de fer et de machines, et aux producteurs de bois employés à la construction de la voie, ces cent millions existent toujours, seulement ils ont changé de main.

Le travail intellectuel et manuel de ceux qui ont établi le chemin de fer, ou creusé le canal

LA RICHESSE

ou ouvert la mine, a donc créé une véritable valeur égale à cent millions et accru d’autant la richesse immobilière du pays.

Conçoit-on maintenant l’effet immense, irrésistible de la création presque instantanée de tant de richesses immobilières sur la production, la circulation et la consommation ?

Conçoit-on ce que serait aujourd’hui notre avoir intellectuel et matériel, si nos pères, au lieu d’épuiser leurs forces à construire des monuments improductifs comme les châteaux forts des barons, les monastères des abbés et des abbesses, et les cathédrales aux tours pyramidales, à fabriquer des instruments de mort et de destruction; si nos pères, au lieu d’user leur énergie à aller pendant des siècles à la suite de moines fanatiques ou lunatiques, guerroyer en Orient pour avoir le droit d’allumer quelques chandelles sous une voûte apocryphe, nous avaient légué les travaux utiles et reproductifs que nous léguons à nos petits-neveux!

Que l’on se porte par la pensée à quelques siècles en avant, que l’on calcule les progrès que feront encore les sciences et les arts, que' l’on évalue le développement probable du travail, l’accroissement inévitable du capital et di£

Page 1