‹ Les lois économiquesChapitre 75 sur 239 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

crédit, l’établissement graduel du droit et de la liberté, et que l’on s’imagine quelle sera la terre auprès de ce qu elle a été !

Nous n’avons que deux termes pour exprimer le passé et l’avenir : le passé, c’était l’abus de la force, le règne de l’ignorance, c’était l’enfer; l’avenir sera le règne du droit, le triomphe du travail, c’est là que l’homme trouvera son Eden.

La richesse mobilière diffère de l’immobilière, en cela qu’elle est incessamment produite et incessamment consommée. Si le travail développe la richesse immobilière, on peut dire qu’il crée la richesse mobilière.

Tout ce que l’industrie agricole, manufacturière ou maritime produit et livre à la consommation, tout ce que le travail intellectuel invente de procédés, de perfectionnements et de méthodes, pour accroître ou accélérer la production, tout ce que le génie financier imagine de combinaisons pour élargir le crédit et augmenter la puissance des agents de circulation, tout ce que l’imagination artistique et poétique conçoit et livre à la publicité, tout cela fait partie de la richesse mobilière d’un pays.

Deux genres de produits forment la base de

LA RICHESSE

notre richesse mobilière : ce sont les produits de consommation et ceux de production. Ces derniers ne se trouvent guère que chez les peuples hautement policés. Plus la civilisation d’un pays est avancée, et plus large est la place du mouvement qu ils occupent dans le mouvement de production. C’est que ces produits n’ont guère d autre raison d etre que les besoins du commerce, qu ils n existent que pour faciliter les échanges et les multiplier, et qu’ils sont les conséquences du crédit, et qu’ils représentent le travail passé. Or , les pays libres et civilisés offrent seuls assez de sécurité à tous les intérêts pour que I on accepte une promesse aussi volontiers qu’une réalité.

C’est donc encore à partir du grand mouvement régénérateur de notre première révolution, que les valeurs mobilières de crédit ou de circulation ont pu obtenir droit de cité parmi nous* se populariser et s’accroître dans des proportions fabuleuses avec une rapidité merveilleuse.

Nous ne connaissons rien de plus frappant que le développement des richesses mobilières et immobilières de ces jeunes États de l’Amérique du nord qui, nés d’hier à peine, ont accu-

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