‹ Les lois économiquesChapitre 76 sur 239 · CHAPITRE VI v · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI v

mulé en moins de deux siècles plus de richesses de toute nature que la plupart des vieux États de l’Europe ne pourraient en inscrire dans leur bilan.

Quelques pèlerins, riches seulement d’une partie de ces connaissances pratiques que les générations passées avaient léguées aux peuples de l’Europe, fuient devant ime persécution religieuse aussi absurde qu’énergique. Ils vont chercher la liberté et la paix dans les forêts d’Amérique. Us n’emportent ni capitaux, ni machines, ni troupeaux innombrables. La terre est vierge, ils la défrichent- ils ne lui demandent tout d’abord que les produits dont ils ont besoin pour subsister; puis ils échangent quelques-uns de ces produits encore à l’état brut, contre les productions ouvrées des industries étrangères; il s’établit un commerce qui grandit peu à peu et dépasse bientôt le chiffre des échanges de toute autre nation , l’Angleterre et la France exceptées.

Que l’on suive pas à pas la création et le développement de ces richesses, et l’on reconnaîtra combien est vraie, combien est intime, cette solidarité, cette harmonie de tous les intérêts, cette simultanéité d’accroissement de toutes les richesses dont nous avons ï>arlé.

156 LA RICHESSE

La richesse immobilière n’existait pas, on peut le dire, aux États-Unis, il y a deux siècles : le travail l’a créée et nous l’avons vue s accroître chaque année parallèlement avec la richesse mobilière, qui grandissait sous l’action de 1 échange, sous l’aiguillon de la consommation.

Les produits destinés à la circulation peuvent exister presque indéfiniment, mais il est un point essentiel a noter, c’est qu’ils perdent incessamment de leur valeur par suite de leur multiplication indéfinie. Les produits qui ne sont créés que pour être consommés n’existent à perpétuité que par une continuité incessante de production. Ainsi le producteur du blé n’a pas plutôt commencé à échanger son produit, il n’a pas plutôt livré une partie de son grain à la consommation , que déjà la récolte future pointe hors du sillon, et grandit, et mûrit et jaunit à mesure qu’il se défait de la précédente. La saison est venue; l’heure est arrivée; il est temps qu’une nouvelle moisson vienne remplir les granges, car la consommation les a fait vider toutes; c’est alors que l’épi tombe sous la faucille, et l’œuvre de la production accomplit son cycle sans fin.

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