‹ Les lois économiquesChapitre 79 sur 239 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

cette succession non interrompue d’arrivages et de ventes, et à la répartition des approvisionnements d’une grande cité, découlent des lois qui régissent les rapports de la production avec la consommation : c’est le jeu libre et régulier de ces lois qui détermine l’accroissement continu et simultané des richesses mobilières et immobilières. Si donc cette augmentation était presque nulle autrefois, c’est que nos anciennes institutions, la division de la nation en classes privilégiées et en classes exploitées, la séquestration des travailleurs en corporations fermées et exclusives, l’intronisation du privilège jusqu’au sein de la famille, entravaient l’action de ces lois et neutralisaient les efforts du travailleur.

Sr cela n’est pas exact, que l’on nous dise pourquoi l’Égypte avec ses fellahs, la Russie avec ses mougicks, la Prusse et l’Autriche avec leurs institutions demi-féodales, n’ont-ellespas vu les richesses de leurs populations s’accroître aussi rapidement que celles des peuples plus libres des États-Unis d’Amériqne, d’Angleterre, de Hollande, de France ou de Belgique?

Non s avons montré que la richesse repose sur le travail, c’est-à-dire sur l’exploitation du sol,

LA RICHESSE

sur la création des mille objets qu’absorbe la consommation.

Tout antagonisme entre le capital mobilier et le capital immobilier, toute hostilité entre le travail et le capital, c’est-à-dire entre le bras et l’outil, est une sorte de suicide fatal à tous les deux. Richesses mobilières et richesses immobilières, production et consommation dépendent l une de l’autre et sont solidaires.

Vous ne verrez jamais de pays posséder de grandes valeurs immobilières sans posséder des richesses mobilières proportionnelles, de même que vous ne trouverez pas de peuple grand producteur qui ne soit en même temps grand consommateur.

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