‹ Les lois économiquesChapitre 84 sur 239 · CHAPITRE VH · texte numérisé non relu

CHAPITRE VH

! sive, quelle était repoussée par la force même des choses, quelle était contre nature, et à cet effet on a exposé que si un homme plaçait une ! somme de 100 fr. remboursable à la vingt-quatrième génération, au bout de 600 ans, cette somme de 100 fr. placée à 5 p. 0/0 s’élèverait avecles intérèlscomposés à 107,854,010,777,500 | fr. somme égale à 2,696 fois et un tiers le capital de la France, en supposant ce capital de 40 ! milliards.

C’est comme si l’on disait : la multiplication du grain par la culture n’est pas possible, car en 1 semant un grain vous aurez la seconde année 40 grains, la troisième 1600, la dixième l’unique grain de blé que vous avez semé vous en aura donné 26,214,400,000,000!

Comptez combien vous en auriez en un siècle, en mille ans!

Et cependant cette multiplication des grains ; s’opère tous les jours sous nos yeux, seulement en vertu de certaines lois de végétation qui règlent la proportion de sève, d’air et de place réservée à chaque famille de végétaux, cette exubérance de fécondité est restreinte dans des limites plus raisonnables.

Il en est de même pour les capitaux, à côté de

L’INTÉRÊT

la loi qui réglemente leur multiplication, il y a celle qui détermine leur limitation : cette limite, il est vrai, n’a rien de fixe, mais elle est toujours proportionnelle d’une part à la population, c’està-dire au travail, et de l’autre à la somme totale des richesses en existence.

On a encore prétendu que le taux de l’intérêt ayant continuellement baissé depuis le commencement des temps historiques, le jour s’approchait où il disparaîtrait complètement.

C’est comme si l’on disait que la durée de la vie humaine s’étant graduellement accrue d’une dizaine d’années depuis un demi-siècle, le temps n’était pas loin où les hommes ne mourraient plus.

Vers l’an 1764, le taux de la prime d’assurance contre les risques maritimes de la pêche ; de la baleine était de quatorze pour cent, ce taux | a graduellement diminué d’années en années et n’est plus aujourd’hui que de sept à huit pour cent. Peut-on raisonnablement en conclure que les assureurs s’engageront prochainement à in-4 demniser gratuitement les pertes de navires qui * pourront survenir ?

Le taux des assurances a diminué parce que le nombre des navires à assurer a augmenté, et

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