‹ Les lois économiquesChapitre 85 sur 239 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

que les chances des pertes sont graduellement devenues moindres.

Le taux de l’intérêt a diminué parce que le nombre des prêteurs s’est accru plus vite que celui des emprunteurs.

C’est là l’effet naturel de la loi de l’offre et de la demande, modifié par un certain accroissement de moralité publique qui a diminué les risques des prêteurs et garanti les capitalistes contre les indignes altérations de monnaies si communes et si fréquentes autrefois.

On s’est souvent demandé pourquoi le taux de l’intérêt des capitaux mobiliers était toujours plus élevé que celui de l’intérêt des capitaux immobiliers, en d’autres termes pourquoi mille francs placés en rentes rapporteraient à leur propriétaire cinquante francs par an, tandis que la même somme employée à l’achat de terres ne rendrait que 25 ou 30 fr. ? La réponse la plus communément faite à cette question a été que les placements des capitaux immobiliers offraient toujours moins de sécurité que la possession de la terre, et l’on a cru voir dans l’écart entre les deux revenus une sorte déprimé contre les chances de perte.

Nous ne nierons pas d’une manière absolue

L’INTÉRÊT

l’effet du risque afférent aux capitaux mobiliers, mais nous croyons que la différence dont nous parlons provient pour la plus grande part de l’action d’une loi économique dont il est impossible de contester l’existence, et en vertu de laquelle les capitaux mobiliers diminuent de valeur à raison de leur multiplication, tandis que les capitaux immobiliers croissent en valeur à raison de la multiplication des capitaux mobiliers, et voient leurs produits croître en quantité à raison de l’augmentation du capital intellectuel.

Ainsi 100 francs ou 500 grammes d’argent achetaient du temps de Charlemagne, il y a mille ans, 28 ou 30 hectolitres de blé ; 100 francs ou 500 grammes d’argent n’achèteraient aujourd’hui que trois ou peut-être quatre hectolitres de grain. Un hectare de terre, au contraire, ne produisait, du temps de Charlemagne, que 6 ou 7 hectolitres de blé, il en produit aujourd’hui 20 ou 22. 11 résulte de cette augmentation du produit des capitaux immobiliers et de la multiplication simultanée des valeurs mobilières que l’hectare de terre vaut aujourd’hui vingt ou trente fois plus que du temps de Charlemagne.

Pour qu’il y ait égalité entre le propriétaire de capitaux mobiliers qui voit leur valeur décroître

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