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CHAPITRE VHI

Cependant la civilisation, l’avancement intellectuel et physique de l’homme étant évidemment dans les vues et l’un des buts du Créateur, il n'a pu vouloir ce but sans vouloir en même temps les moyens de l’atteindre. Or, sans la propriété, pas de civilisation, c’est ce que nous prouve l’expérience de tous les siècles; sans civilisation, pas d’avancement intellectuel et physique de l’homme, il reste à l’état sauvage, il végète au rang des brutes.

La propriété est donc nécessaire, utile, indispensable... Elle doit être légitime, elle doit, par | conséquent, ne froisser aucun intérêt, aucun droit légitime : il doit y avoir harmonie entre le droit et la propriété.

Les légistes, les historiens, les économistes eux-mêmes se sont trop préoccupés des institutions d’origine humaine ; ils ont cherché le droit dans les petites conventions d’homme à homme, de tribu à tribu, de peuplade à peuplade, de nation à nation. Il est temps de porter notre vue plus loin et de chercher le droit dans le monde économique tout entier, dans l’universalité des rapports des hommes entre eux et avec la nature.

Nous l’avons déjà dit, si les lois économiques

LA PROPRIÉTÉ

sont vraies, elle sont vraies pour l’universalité des hommes, comme les lois astronomiques sont vraies pour l’universalité des corps célestes, comme les lois de la chimie sont vraies pour tous les corps physiques, comme les lois de la végétation sont vraies pour tout le règne végétal. Ne nous occupons donc pas des délimitations de frontières, des constitutions de nations, des formations de villes, ni des établissements de clans ou de tribus. En économie politique, il n’y a pas de nations, et le droit de l’homme n’étant plus borné par l’horizon des frontières, n’étant plus restreint par les constitutions humaines, nous trouverons que la possession par celui-ci ou celui-là, de ce coin de terre ou de ce morceau du sol, ne limite en rien le droit de cet autre à un autre morceau ou à un autre coin de la terre.

J’ai par mon travail défriché ce champ, je lui ai donné une valeur qu’il n’avait pas; il était stérile et je l’ai rendu fertile, non-seulement les fruits de ce champ m’appartiennent, mais tout le travail que j’ai dépensé sur ce coin du sol l’ont rendu mien, car il y a là un produit qui en est inséparable, et ce produit c’est la puissance de fertilité que je lui ai communiquée. Vous me

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