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HUITIÈME CHAPITRE

§ 142. — Tout être capable d'exécuter dos mouvements volontaires a une àme.

Preuve. — Qu'on n'aille pas croire que nous allons répéter ici toutes les dissertations qui ont été faites jusqu'à présent pour prouver l'existence de l'àme. Pour nous, il n'y a que deux espèces de démonstrations irrécusables : la démonstration géométrique et la démonstration fournie par un fait réel de l'expérience, parce que ce fait est toujours de la géométrie réalisée.

La mécanique, qui n'est qu'une application de la géométrie, nous a conduits jusqu'ici à la connaissance des vérités les plus ardues. C'est encore dans la mécanique que nous trouverons la démonstration péremptoire que l'àme existe réellement.

La voici :

Le corps de l'homme est considéré, à juste titre, comme une machine. Sa fonction est de brûler du carbone et de fournir un travail équivalent en mouvements de toutes sortes. C'est bien là le caractère de toutes nos machines.

Comme dans celles-ci, les mouvements de notre corps devraient être, d'après les lois de la mécanique, des résultantes rigoureuses des forces physico-chimiques qui agissent dans ce corps.

Mais résultante, en mécanique, signifie une seule direction, celle de la diagonale du parallélogramme des forces, qui doit être suivie nécessairement et d'une manière absolue, sans possibilité aucune de prendre une autre direction que celle de cette résultante mécanique.

En vertu de cette loi, il devrait nous être impossible de faire un mouvement volontaire quelconque. Nous ne pourrions pas aller, selon notre volonté, à droite ou à gauche, nous serions forcés d'aller, comme un automate, toujours dans une seule direction, qui serait, dans l'instant considéré, la résultante mécanique des forces physico-chimiques qui agissent dans notre corps.

Or il n'en est pas ainsi. Un fait démontré par l'expérience d'une manière tout aussi palpable que l'existence de l'oxygène et du carbone, c'est que

nous pouvons faire à tout moment tel mouvement que nous voulons. Nous pouvons, selon notre volonté, aller à droite ou à gauche, nous abaisser ou nous relever.

Bien plus, l'homme peut faire, en vertu de sa volonté, des mouvements contraires à ceux auxquels il se sent sollicité par son corps. C'est une expérience que chacun peut faire sur lui-même quand il le veut.

Or un fait de l'expérience est une démonstration suprême comme un théorème de géométrie, car tout fait de l'expérience est de la géométrie incarnée, puisque c'est le produit des lois de l'espace.

Ainsi, l'existence de la volonté et des mouvements volontaires est un fait évident démontré à chaque instant par l'expérience. Malgré cela, il y a des sceptiques qui veulent nier l'évidence et qui, à l'égal des philosophes de Molière, soutiennent que les mouvements volontaires ne le sont qu'en apparence. Pour cela ils se servent des cas pathologiques, des nervoses, de l'hypnotisme et de la suggestion, sans vouloir se rendre compte que dans ces cas, l'organisme étant détérioré, le patient agit comme un automate sous l'impulsion des forces physico-chimiques ou sous l'impulsion d'une volonté étrangère qui se substitue à la sienne.

La théorie du déterminisme établie par Claude

Bernard ne peut s'appliquer qu'aux mouvements involontaires. Vouloir l'étendre aux mouvements volontaires est absurde, parce que la libre volonté inhérente aux êtres vivants est un fait palpable et qu'il est toujours absurde de nier l'évidence. Une pareille tendance ne peut provenir que du besoin de compléter le système d'une école quelconque. Or les systèmes d'écoles ont souvent faussé les idées et ont souvent méconnu la réalité. Ces aberrations ont même été si loin, que l'humanité, dans son bon sens, a été forcée plus d'une fois de rire des philosophes qui niaient l'évidence.

Voici ce que dit à ce sujet M. H. Spencer dans le Résumé de sa philosophie par E. Howard Collins, traduction française par Henry de Ravigny, 1891, page 218 :

« Le fait que la volonté naît par suite de la com- '( plexité croissante et de la cohérence imparfaite des « actions automatiques, est clairement impliqué par « le fait contraire que, lorsque les actes, autrefois <( incohérents et volontaires, sont très fréquemment « répétés, ils deviennent cohérents et involontaires. »

Ce raisonnement est erroné, car lorsqu'un acte, par suite de sa fréquente répétition, est devenu automatique et involontaire, il suffit de la volonté pour empêcher cet acte de se produire et pour faire un acte tout à fait contraire à cet acte automatique.

Ainsi, la volonté se manifeste vis-à-vis des iiabitudes automatiques aussi bien que vis-à-vis des autres sensations de notre corps.

Aristote, ce grand penseur, qui a su observer la nature, a été mieux inspiré lorsqu'il soutenait : « que la matière éthérée pénétrait tous les orga- (c nismes vivants de la Terre, les plantes comme les « animaux; en elle résidait le principe de la chaleur « vitale et même le germe d'une essence spirituelle (( qui, distincte du corps ^ douait les hommes de spo?iu tanéité. »

On aura beau avoir recours à tous les sophismes imaginables, on ne sortira jamais de ce dilemme.

Si le mouvement volontaire était la résultante des forces physico-chimiques agissant dans notre corps, ce mouvement ne pourrait se produire, comme toute résultante mécanique, que dans une seule direction.

Or, comme nous sommes libres d'exécuter des mouvements dans tous les sens, selon notre volonté, il en résulte rigoureusement que les mouvements volontaires ne sont pas la résultante mécanique des forces physico-chimiques agissant dans notre corps, mais doivent être produits par une autre cause indépendante qui fait exécuter à ce corps les mouvements volontaires.

De ce dilemme il résulte rigoureusement qu'il

doit y avoir en nous un objet distinct de notre corps, qui lui fait faire les mouvements volontaires. Cet objet, nous le nommons Vdme.

A ce compte, le moindre ver qui rampe à nos pieds et qui tourne à volonté à droite ou à gauche a aussi une âme? Certainement qu'il a une âme adaptée à son organisme, puisque les mouvements volontaires ne peuvent être imprimés au corps que par un objet distinct de ce corps.

L'existence de l'âme est donc aussi rigoureusement démontrée que toute loi géométrique ou mécanique, et cela en vertu même de ces lois.

Par conséquent, tout être capable d'exécuter des mouvements volontaires a une âme.

§ 143. — L'âme est formée d'un gaz éthéré neutre.

Preuve. — Nous avons démontré que tout phénomène de l'Univers a pour raison d'être la nécessité géométrique. Sa cause première est donc l'Idée Absolue, c'est-à-dire l'ensemble des lois de l'espace.

Nous avons également démontré que la réalisation des lois géométriques se fait toujours par des atomes qui s'entre-choquent.

Tous les phénomènes de l'Univers sont soumis à ces lois et se produisent en vertu de ces lois.

Par conséquent, l'àme, puisqu'il y en a une (§ 142), puisque c'est un phénomène réel, doit aussi avoir pour cause première l'Idée Absolue, c'est-àdire la nécessité géométrique ou, pour préciser davantage, la pression de l'Étlier qui forme tous les corps, et pour condition indispensable de son existence réelle, des atomes qui s'entre-choquent.

Si l'on voulait dire que l'Idée Absolue, c'est-àdire l'ensemble des lois géométriques, existe bien par elle-même, abstraction faite de son incarnation dans tel ou tel phénomène, et que l'àme pourrait bien avoir le même mode d'existence, nous répondrons que l'Idée Absolue n'existe en dehors des phénomènes de l'Univers qu'à l'état d'idée et nullement à l'état d'un objet concret. Force est donc que l'âme, qui existe à l'état concret, existe, comme tous les autres objets de l'Univers, en vertu du choc d'un certain nombre d'atomes.

De ce qui précède, il résulte que c'est un nonsens de se figurer l'àme comme un pur esprit sans aucune existence matérielle.

L'instinct de l'humanité a été dans le vrai lorsqu'il lui a représenté l'âme sous une forme éthérée quelconque. Toutes les religions et toutes les croyances populaires en font foi.

Il a été réservé aux abslracteurs de quintessence de s'imaginer l'âme comme un pur esprit sans aucune

matérialité, c'est-à-dire imaginer un objet réel, occupant une partie de l'espace, sans être composé de matière» Un pareil non-sens ne peut exister que dans l'imagination d'esprits sophistiqués. Le bon sens de l'humanité lui a épargné cette erreur.

Et la pensée, nous dira-t-on, n'est-ce pas quelque chose de réel et cependant c'est du pur esprit? Grave erreur. La pensée se produit comme tous les autres phénomènes de l'Univers, car, pour que la pensée soit un objet réel, il faut que telles parties du cerveau soient mises en vibration. C'est la condition sùie quel non, c'est le seul mode d'existence de la pensée, et on voit qu'il est le même que celui de tous les autres phénomènes réels.

Voici maintenant la démonstration rigoureuse que l'âme est formée d'un gaz éthéré neutre :

Tout corps est à l'état solide, liquide ou gazeux. L'âme n'est pas à l'état solide ni liquide, car si elle était dans un de ces deux états, on la verrait et on la toucherait. Elle est par conséquent à l'état gazeux. Ce gaz n'est pas pondérable, car jamais on n'en a constaté aucune trace dans nos laboratoires de chimie. Il s'ensuit que ce gaz est d'une très grande ténuité, qui se rapproche beaucoup plus que tous les gaz pondérables, de la ténuité de l'Éther. C'est pour cette raison que nous disons que l'âme est formée d'un gaz éthéré.

Il est certain aussi que ce corps que nous appelons l'àme n'entre dans aucune combinaison chimique avec les éléments de notre corps, car dans toutes nos analyses chimiques on n'a jamais trouvé trace d'un élément autre que les éléments pondérables connus en chimie. Il en résulte que l'âme est constituée par un gaz impondérable qui n'entre dans aucune combinaison chimique avec les éléments de notre corps : c'est pourquoi nous disons que ce gaz est neutre.

D'ailleurs, si l'âme entrait dans des combinaisons chimiques avec les éléments constitutifs de notre corps, notre âme serait régie par les lois physicochimiques qui régissent notre corps : donc nous serions incapables d'exécuter des mouvements volontaires, nous serions des automates, rigoureusement astreints à nous mouvoir seulement dans la direction de la résultante, c'est-à-dire dans la direction de la diagonale du parallélogramme des forces.

Or, puisque nous sommes capables d'exécuter des mouvements volontaires (§ 142), il en résulte que l'âme est formée par un élément impondérable et neutre qui agit seulement d'une manière mécanique sur notre cerveau pour lui faire exécuter ces mouvements volontaires. Ainsi, l'àme se borne à imprimer des vibrations à notre cerveau et par son intermédiaire à notre système nerveux. C'est tellement vrai que les centres nerveux locaux, indépendants de

notre système nerveux général dont le cerveau est le centre, ne sont pas soumis à notre volonté : d'où les mouvements réflexes qui sont des mouvements involontaires et tombent par conséquent dans la catégorie des mouvements qui sont la résultante mécanique des forces physico-chimiques en action dans notre corps.

La circulation du sang, la digestion, la sécrétion des liquides par les différents systèmes glandulaires, l'endosmose et l'exosmose, c'est-à-dire l'échange des liquides entre les cellules organiques qui composent notre corps, sont autant de mouvements involontaires sur lesquels notre âme n'a aucune prise directe.

C'est même pour s'être occupés principalement de ces faits que beaucoup d'anatomistes et de physiologues en sont arrivés à nier l'existence de la volonté.

Étrange confusion. Comment! vous avez sous vos yeux un fait aussi flagrant que les mouvements volontaires, qui sont juste l'opposé des mouvements involontaires que vous étudiez, et vous voulez conclure de ceux-ci à ceux-là?

Maintenant, nous devons résoudre la question suivante :

Comment le gaz qui constitue l'âme est-il capable de volonté? ou bien, en donnant à cette question toute sa généralité :

r/AME. 403

Comment la matière est-elle susceptible de produire une pensée?

Plusieurs savants ont répondu à cette question par des hypothèses et des affirmations, qui ne sont basées sur aucune démonstration rigoureuse et rentrent par là dans la catégorie des jeux de l'imagination. En définitive, ils ont affirmé que la matière est incapable de produire une pensée, et pour expliquer cependant l'existence de la pensée il y en a qui ont supposé l'existence de monades pensanti's et d'autres ont supposé l'existence &\\n élément ammif/ur. (Juant aux premiers, il suffit de leur observer que toute sensation se produit seulement par le choc d'un grand nombre d'atomes et par les vibrations imprimées aux molécules qui constituent le système nerveux. Ces sensations produisent des réflexions et ces réflexions sont des pensées. (Comment veulent-ils remplacer par une monade pensante tous ces mouvements, tout ce travail, toutes ces opérations démontrées par l'expérience? Mais une monade c'est un seul atome, il ne peut par conséquent éprouver aucune sensation, et il est par là même incapable de réflexion et de pensée. Il faut abandonner ces entités métaphysiques à l'école scolastique du moyen âge qui en avait la spécialité et le triste privilège.

Quant à l'hypothèse de l'existence d'un élément animique, elle est purement gratuite, elle ne repose

sur aucune preuve et elle est en contradiction flagrante avec la réalité, comme nous allons le démontrer.

Regardez une nappe d'eau. Qu'est-ce que vous y voyez? Votre image ou bien l'image d'un tout autre objet que vous lui présenterez. Cette nappe d'eau réfléchit par conséquent les formes des objets qui lui sont présentés. Comment accomplit-elle cette opération?

Les vibrations lumineuses qui partent de l'objet font vibrer la surface de cette nappe d'eau et sont réfléchies par elle sous des angles de réflexion égaux aux angles d'incidence, et cela en vertu des lois géométriques. Voilà une opération très compliquée, très belle, qui est exécutée par cette nappe d'eau. Oui, nous dira-t-on, mais elle n'a pas conscience de ce qu'elle fait. Elle n'a pas conscience parce qu'elle est formée de parties désagrégées, indépendantes les unes des autres, et qui n'aboutissent pas à un sensorium commun. Mettez maintenant à la place de cette nappe d'eau votre œil. Il exécute comme elle sur votre rétine l'opération de la réflexion des objets. Votre rétine imprime aux nerfs visuels les vibrations qu'elle a reçues elle-même des vibrations lumineuses des objets. Les nerfs visuels impriment à leur tour ces mômes vibrations au cerveau qui est le sensorium commun et vous avez la sensation de la vue

qui vous donne la notion des différentes couleurs, c'est-à-dire qui vous donne des réflexions, des pensées. Enfin, le cerveau transmet par ses vibrations ces sensations au corps éthéré qui l'enveloppe et le pénètre, et que nous appelons Vdme.

Voilà comment la matière produit des pensées.

Ici, on nous dira peut-être :

Puisque le cerveau est susceptible par lui-même d'éprouver des sensations, de faire des réflexions et d'avoir des pensées, pourquoi ne serait-il pas capable d'avoir aussi de la volonté?

Voici pourquoi :

Le cerveau est soumis, jusque dans ses éléments les plus intimes, aux forces physico-chimiques en action dans notre corps et dans le milieu ambiant.

Il en résulte que tout mouvement déterminé par Taction propre du cerveau, loin de pouvoir être un mouvement volontaire, ne peut être qu'un mouvement d'automate qui suit, comme résultante mécanique, la direction de la diagonale du parallélogramme des forces.

Il en est ainsi de nos sensations et des pensées qui nous viennent du dehors. A celles-là le déterminisme de Claude Bernard est applicable. Ce sont des résultantes du milieu ambiant et des forces physicochimiques qui agissent sur notre corps.

11 en résulte que le cerveau n'est capable que

d'éprouver des sensations et de se voir suggérer des réflexions par les impressions du dehors ou par celles qui lui viennent de l'âme.

Maintenant que nous avons démontré comment la matière est susceptible de produire des pensées, nous allons démontrer comment le gaz qui constitue l'âme est capable de volonté.

Nous avons démontré qu'en vertu des lois géométriques tous les objets de l'Univers sont formés «t maintenus dans leur état par la pression de l'Éther, sans laquelle les atomes qui forment ces objets s'éloigneraient les uns des autres, s'éparpilleraient dans l'espace et reviendraient à l'état chaotique de la matière cosmique à son état primordial. L'âme est par conséquent aussi formée par la pression de l'Éther comme tous les autres corps, mais la répulsion des atomes qui constituent l'âme contre l'impulsion des atomes de l'Éther est beaucoup plus forte que dans tous les corps pondérables, parce que le gaz qui constitue l'âme est d'une ténuité beaucoup plus grande, comme nous l'avons démontré. Il en résulte que cette réaction élastique de Tàme contre la pression de l'Éther est si puissante qu'elle lui donne une sphère d'action assez étendue pour lui assurer la liberté de tous ses mouvements. Si, de plus, on considère que le gaz qui constitue l'âme n'est pas désagrégé dans ses parties, mais se trouve

au contraire à Tétat de tous les autres organismes où toutes les parties sont reliées à un centre commun qui réagit sur sa périphérie, alors on comprendra comment Tàme est capable de volonté. Quant à la faculté d'avoir des pensées, elle la possède en vertu des mêmes lois que le cerveau, avec la différence que les pensées de l'âme ne lui viennent pas seulement du dehors comme au cerveau, mais qu'elle les puise aussi en elle-même. Chacun de nous peut en faire l'expérience à chaque moment. Il n'a pour cela qu'à s'isoler par sa volonté du monde extérieur et à creuser en soi une idée qui le préoccupe et qu'il veut éclaircir. Il constatera ainsi les pensées intérieures de l'àme indépendante du monde extérieur. Il nous reste encore une question à élucider : Tous les corps organiques connus sont à l'état solide. Nous ne connaissons aucun corps organique à l'état gazeux. Comment se fait-il alors que l'âme est un corps organique à l'état gazeux? Comment l'Éther maintient-il par sa pression l'âme dans sa forme organique, puisque c'est un gaz, et nous savons que les gaz à l'état libre se répandent dans le milieu ambiant par suite de la répulsion entre elles des molécules de ces gaz? A plus forte raison, devrait-il en être ainsi avec le gaz éthéré qui forme l'âme, puisque ce gaz est d'une très grande ténuité et possède par conséquent une élasticité beaucoup

plus grande que celle de tous les gaz que nous connaissons. Remarquons d'abord que lorsqu'un gaz se répand'dans le milieu ambiant, ce sont ses molécules qui s'éloignent les unes des autres, mais aucune de ces molécules, bien que composées d'un grand nombre d'atomes, ne se dissout .La preuve, c'est qu'un gaz reste toujours le môme, inaltérable, qu'il soit soumis à une pression ou qu'il soit à l'état libre. Par conséquent, la pression deTÉther maintient les molécules gazeuses dans leur forme et dans leur constitution primitive. Il en résulte que si l'Éther a donné par sa pression, au gaz dont est composée l'âme, une forme organique et une constitution déterminée, cette même pression de l'Éther peut maintenir ce gaz dans sa forme et dans sa constitution de la même manière dont il maintient dans leurs formes les molécules des gaz connus.

Observons ensuite que les gaz qui constituent les queues des comètes et qui sont d'une bien plus grande ténuité que l'hydrogène, bien que s' étendant sur des distances énormes, ne se désagrègent pas. Les queues des comètes malgré quelques variations accidentelles et passagères dues à la gravitation vers quelque Corps Céleste, mais nullement à la répulsion réciproque de leurs molécules, conservent en général leurs formes et leurs dimensions, bien qu'elles circulent dans les espaces libres interstellaires et bien

qu'elles ne soient composées que de molécules gazeuses, indépendantes les unes des autres, qui ne sont pas réunies en une forme organique. Cette persistance des queues des comètes dans leurs formes provient de la pression de l'Étlier et de la gravitation les unes vers les autres des molécules qui composent ces gaz. A plus forte raison, la pression de l'Éther peut-elle maintenir dans sa forme organisée le gaz dont est composée l'àme.

Si l'on considère enfin que la forme gazeuse de rame est adaptée au cerveau sur lequel elle agit et au système nerveux, on verra dans ce fait une raison de plus pour que la pression de l'Éther la maintienne dans sa forme organisée, bien qu'elle soit à l'état gazeux.

Maintenant, pour terminer, voici le résumé de la démonstration que nous avons donnée dans ce paragraphe :

Nous avons démontré que l'âme est constituée par un gaz impondérable qui n'entre dans aucune combinaison chimique avec les éléments de notre corps, mais agit sur lui d'une manière purement mécanique, en imprimant des vibrations à notre cerveau et par son intermédiaire à notre système nerveux. Il est certain que ces vibrations déterminent des transformations chimiques dans notre cerveau, mais nous avons démontré que notre âme ne parti-

cipe pas à ces transformations, bien qu'elle les détermine par les vibrations qu'elle imprime au cerveau.

Il en résulte que l'âme est formée d'un gaz éthéré neutre. C. q. f. d.

§ 144. — L'àme fait exécuter au corps un mouvement volontaire en imprimant un choc à la partie du cerveau qui met en action les nerfs moteurs destinés à l'exécution de ce mouvement.

Preuve. — Magendie, après avoir trépané des pigeons, les faisait aller à droite ou à gauche ou tourner sur eux-mêmes, selon qu'il touchait telle ou telle partie de leur cerveau. Dans cette expérience, c'est la volonté de l'opérateur qui imprimait aux pigeons ces mouvements, parce qu'il touchait les parties du cerveau par l'intermédiaire desquelles ces mouvements s'effectuent.

S'il n'avait pas mutilé ces pigeons et s'il les avait abandonnés à leur libre arbitre, c'est leur volonté à eux, au lieu de celle de Magendie, qui aurait imprimé à telle ou telle partie de leur cerveau le mouvement qu'elle aurait voulu, comme vous le faites vous-même quand vous exécutez un mouvement volontaire.

Aujourd'hui les physiologues ont constaté que le cerveau est partagé en un grand nombre de casiers

dont chacun a la spécialité de faire exécuter un certain mouvement. Ainsi, pour ouvrir un œil il y a un casier, pour le fermer il y en a un autre ; pour faire un mouvement extenseur avec un bras il y a un casier, pour faire un mouvement adducteur avec ce même bras il y en a un autre, et ainsi de suite pour tous les mouvements à exécuter.

Comme nous avons démontré aux §§ 142 et 143 que c'est l'àme qui fait exécuter au corps les mouvements volontaires, il en résulte qu'elle le fait en imprimant un choc à la partie du cerveau qui met en action les nerfs moteurs destinés à l'exécution du mouvement voulu. C. q. f. d.

Remarque. — Dans l'état pathologique, dans les congestions au cerveau, dans les névroses, dans les maladies du cerveau, dans l'état de folie, certaines parties du cerveau n'étant plus à l'état normal, étant malades, l'âme ne possède plus l'instrument nécessaire à la transmission de sa volonté et de ses pensées. De là l'incohérence des idées dans ces cas pathologiques.

Observons aussi que cette incohérence vient en grande partie de ce que la congestion fait exécuter au cerveau des mouvements automatiques, des mouvements involontaires. C'est une preuve de plus que les mouvements déterminés par les forces physico-chimiques en action dans notre corps sont

tout le contraire des mouvements volontaires exécutés par notre âme.

Dans Taphasie, on voit clairement la lutte entre la volonté de l'âme et le cerveau malade. En effet, l'âme veut prononcer le nom de tel objet et imprime une impulsion à la partie du cerveau qui est spécialement destinée au langage. Celle-ci étant malade, par suite d'une pression, d'une congestion, d'un caillot de sang ou d'une lésion quelconque, ne répond pas en vibrations nettes à l'impulsion que lui imprime la volonté de Tàme. De là l'impatience de l'âme de ne pouvoir communiquer sa volonté et l'impuissance passive du cerveau, incapable de fonctionner parce qu'il est malade.

§ 14o. — Par ses vibrations, le cerveau transmet ses sensations à l'âme.

Preuve. — Nous avons démontré, dans le paragraphe précédent, que l'âme transmet au cerveau sa volonté en lui imprimant des vibrations par le contact. Puisque l'âme esten contact avec le cerveau, il en résulte que, lorsque celui-ci vibre sous l'impulsion d'une sensation, il communique ces mêmes vibrations aussi à l'âme, laquelle perçoit de cette manière les vibrations du corps et réagit par sa volonté sur le cerveau, comme nous l'avons démontré dans le paragraphe précédent. C. q. f. d.

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